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 Lune de miel [terminé]

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Kiefer
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MessageSujet: Lune de miel [terminé]   Mar 23 Fév - 22:35

J'entraîne Cédrelle par la main jusqu'à mes appartements privés, qui sont désormais nos appartements. En galant homme, je lui ouvre la porte, elle passe devant moi et je la referme doucement, puis un déclic sec témoigne de l'activation du verrou. Je reste quelques secondes sur place, sans bouger, je remarque un léger détail, une différence, un anicroche... La jeune femme ne sourit plus, elle ne dégage plus la même essence que toute à l'heure après la danse. Toutefois, l'excitation monte à moi et je ne puis la contenir, c'est elle qui me dicte la voie. Je m'approche lentement de Cédrelle, lui effleure la joue avec la paume de ma main. Comme elle est douce, soyeuse, agréable... Je crois que je me suis épris d'elle, la flamme m'envahis, me pousse, m'exhorte à succomber à mes envies, à mes pulsions. Je ferme les yeux un instant, pose doucement mes lèvres sur les siennes. Je raffole de son contact, jamais, au risque de me répéter, je n'ai rencontré de femme telle que celle-là. Elle est unique. Je glisse ma langue sur la sienne, c'est d'une douceur... Je l'entraîne subrepticement vers le grand lit à baldaquin, qui domine toute la pièce. Je défait les boutons de mon costume, un par un. Mes mains se baladent dans son dos, sur sa silhouette fine, s'arrête sur sa taille un instant, puis reprennent leur manège. J'admire son cou gracieux de cygne, je le frôle des lèvres, je m'emporte...

Soudain, tout s'arrête net. Ne serait-ce pas une larme que j'ai vu peler sur cette joue rose ? Je m'éloigne tranquillement d'elle, reculant de quelques pas. Je l'observe avec des yeux tendres, mon excitation n'est pas retombée, mais c'est apaisée. Je ne veux pas la blesser ou la forcer à faire quelque chose contre son gré. Ce serait s'abaisser au rang des plus minables... et de Thomas ! Et ça: jamais! Rien qu'à la pensée que je viens de faire vivre un calvaire à cette jeune femme, je suis horrifié. Notre chimie nouvellement découverte vient peut-être de s'effondrer... par ma faute. De nature, j'anticipe les évènements, je pense mes paroles et mes gestes, mais parfois, en de rares moments, je me laisse guider par l'instinct naturel, par la flamme de l'attirance physique. Je n'ai jamais essuyé de refus avec une femme, ce sera bien la première fois que l'une d'elles refuse de coucher avec moi, et rien que pour cela, mon admiration double à son endroit. Je baisse la tête devant elle, chose que je n'ai pas faite depuis l'enfance. J'ouvre la bouche pour parler, mais me désiste au dernier moment, je ne pense pas que des mots la réconforteront, surtout s'ils sortent de ma bouche. Ce que j'ai pris pour acquis ne l'ai pas nécessairement pour elle, et c'est un tantinet trop tard que je me rend compte de ce fait.

J'hésite un moment, piétine le sol nerveusement à la recherche d'une illumination pour détendre l'atmosphère. Toutefois, rien ne me vient en tête, je vois qu'une évidence: m'excuser auprès de cette jeune dame et espérer qu'elle n'aille pas crier ce fâcheux évènement sur tous les toits. Je lui fait confiance, rien qu'à la regarder, je sais qu'elle est de nature discrète. Je m'approche d'elle, m'abaisse à son niveau, car elle est assise sur le bord du lit. J'essuie une larme sur sa joue du bout de mon doigt, inspire puis expire calmement et enfin, abaisse un peu la tête par en avant, comme un gamin qui avoue ses méfaits.

-Pardonnez-moi, Cédrelle. Je suis bien ingrat de faire pleurer une femme le jour de son mariage.

C'est la première fois que je dis son prénom à haute de voix, je suis enchanté par l'harmonieuse sonorité des voyelles qui le forment. Cela me fait penser à un oiseau coloré, libre, planant au dessus de la mer, vers le soleil... Ça y est, je deviens poète. Du moins, en pensée. J'aurais amplement de quoi séduire n'importe quelle femme avec ces mots, mais il me semble soudain que toutes les femmes ont un goût âcre à côté d'elle. Les souvenirs de mes aventures nocturnes me reviennent à l'esprit et toutes ses femmes m'inspirent soudain un profond dégoût, un semblant de haine. Ah ! Certes! Je les ait toujours toutes détestées, même la plus mémorable, qui est désormais un déchet à mes yeux... Je ne vois que Cédrelle, la seule qui m'est vu dans cet état absurde de faiblesse. Je ne puis prétendre l'aimer, car je ne sais même pas la vraie signification du mot. J'ai bien aimer ma mère, Heinrich aime bien Siam... Mais... ça me dit rien. On aime pour aimer? Il y a-t-il une raison, un sens à cela... ? Et puis, au fond, comment saurais-je ce qu'est l'amour si un jour je venais à faire sa rencontre? Peut-être l'ais-je sous les yeux, juste de là devant moi, telle une évidence qui ne peut être perçu que par un aveugle ? Je crois que je deviens un peu trop philosophie pour l'heure, et décide de mettre toutes mes réflexions de côté, je les reprendrai assurément plus tard.

Je remarque, tout à coup, comme un détail qui m'a échappé depuis le début, une légère trace rougeâtre sur le bas de la robe de Cédrelle. Je me penche plus en avant pour voir ce qui en est. Elle doit se demander ce que je fait là, à scruter ses jambes. Je relève lentement la robe -non pour les raisons auxquelles vous songez!- mais bien par curiosité. Je découvre là, une légère écorchure par laquelle goute un peu de sang. À cette vision, je m'étonne.

-Vous vous êtes blessée, que c'est-il passé? dis-je sur un ton surpris et innocent.

Je me lève et me dirige vers la commode, j'ouvre un tiroir et en ressors un mouchoir. Je reviens vers Cédrelle et applique doucement le bout de tissus sur la plaie. Soudain, une pensée me fait sursauter:

-Est-ce moi qui vous est infligé cela par mégarde?

Je plonge mes grands yeux noirs avec tendresse dans les siens, tristes.


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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Jeu 25 Fév - 23:30

J'entre dans la pièce avec une lenteur calculée. Un vent nouveau vient secouer ma robe qui m'encombre à présent. J'ai très hâte de m'en débarrasser, mais l'idée que ce sera Kiefer qui m'en dévêtira me donne la nausée. Je regarde la pièce qui est tout simplement magnifique, je ne peux pas le nier. Cela m'empêche de penser à ce corps que je n'affectionne pas particulièrement et qu'aucun homme n'a eu le droit de voir depuis ma naissance, mis à part mon père. À Neyva, regarder de plein gré une princesse nue est passable de mort. Bien sûr, je n'aurais pas permis qu'un homme soit tué pour m'avoir regardé. Mais à présent... Je regrette un peu que cette règle n'effraie pas mon nouveau mari. De toute façon, je lui appartiens toute entière à présent. À ces mots, je ferme les yeux, totalement paniquée. Ce corset me sert affreusement et j'ai peine à respirer avec régularité. Cela empire quand Kiefer sort de cet état d'immobilité pour s'approcher de moi et m'effleurer la joue. Le contact me fait frémir jusqu'aux trépas de mon être. J'ai tellement envie d'être plus près de lui qu'en ce moment, que j'en suis mal à l'aise. Ses lèvres se posent sur les miennes. Elles goûtent aussi bon qu'une tartinade au miel et un peu de lait. Ce contact m'apaise un peu, je sens mes épaules qui se décontractent. Quelque chose d'inconnu se réveille en moi alors qu'une myriade des sensations explose dans tout mon corps. Mes mains se posent sur ses épaules, mes lèvres en demandent plus. C'est alors qu'une langue se glisse dans ma bouche. Je sursaute devant ce contact inattendu, recule un peu la tête. Kiefer revient à la charge, tente un nouvel essai. Je me surprends à danser avec lui... Dans ma bouche. Il fait chaud à présent, oui, il fait chaud. Je reste hésitante devant son empressement. Je le sens beaucoup plus excité que moi, habitué à ce genre de choses. Pour moi qui connaît mes premiers contacts, cela reste intimidant. Kiefer est partout autour de moi, sur moi, en moi. Il m'entraîne vers le lit, et c'est en le voyant approcher que je commence réellement à m'en faire.

Kiefer me pose douceur sur le lit. Il se détache de moi et entreprends de défaire sa chemise. Je reste figée d'effroi devant son torse pourtant très agréable à regarder. Chaque poil me paraît comme une entité malveillante qui me souffle une vérité certaine. Je ne pourrai pas le faire. Toute la chaleur qui m'habitait, quelques instants plus tôt, me semble incongrue, comme un rêve lointain. Je sens son haleine sur ma bouche, dans mon cou, tandis qu'il se déshabille. Il a envie de moi. Cela devrait me rassurer, de savoir que l'homme que je viens d'épouser me trouve quelque chose d'attirant. Mais je peux lui donner ce qu'il attend de moi. Et je ne peux le lui refuser. Une boule se forme au creux de mon estomac et remonte mon oeusophage jusqu'à ma gorge où elle reste bien ancrée. Rien ne pourra la déloger de là. Ses mains se mettent à courir le long de mon corps et à présent elles me brûlent. Plus de bien, plus de douce chaleur. Mes yeux s'embrument sous l'effet de la peur, mes membres se mettent à trembler. J'ai beau tenter de les retenir, elles coulent une à une sur ma joue froide.

Kiefer s'arrête. Il recule de quelques pas, et je baisse la tête vers le sol. Je peux pas endurer ce regard. Je ne veux pas voir qu'il m'en veuille de ne pas remplir mon devoir. J'ai conscience de faillir à ma tâche. J'ai honte. Assise sur ce grand lit inconnu, mon orgueil souffre de cet échec cuisant qui m'accompagnera probablement un long moment. Je voudrais courir, jusqu'à ce que l'énergie ou la route vienne à manquer, quitter Lassian. Je ne mérite certainement pas le titre de reine de toute façon, incapable même de faire l'amour à mon mari. Mes joues s'affaissent d'abandon.

Le roi les fait revivre de son doigt. Il essuie mes larmes avec une douceur délicieuse. Cela ébranle la conviction de mes sombres sentiments. Avec une once de courage, je lève le regard comme on brandit une épée. Kiefer se baisse à ma hauteur, ce qui me met en confiance. Mon coeur bat à mille à l'heure dans ma poitrine. Car j'ai retrouvé cet homme qui me plaisait sur la piste de danse. Celui plein de douceur. Je suis sûr que celui dont brûle la passion ma plaira aussi un jour. Mais je ne suis pas prête, maintenant, aujourd'hui. Il s'excuse et mes paupières se rejoignent dans un remerciement silencieux. J'ai eu si peur qu'il se mette à moins m'apprécier pour cette raison. L'air s'engouffre de nouveau à grandes goulées dans mes poumons.

-Merci... je murmure dans un souffle.

Je me penche vers lui et pose mon front lourd de fatigue sur son épaule. Il sent encore aussi bon. C'est toujours le même homme. Celui que j'apprécie beaucoup plus que je ne l'aurais cru. Je reste un moment comme ça, blottie contre lui, dans un équilibre précaire entre l'amant et... ce que nous sommes présentement. J'aime son contact. J'aime la chaleur de ses baisers. Je suis désolée, Kiefer.

Quelque chose dans l'athmosphère change brusquement. Il vient de remarquer mon erraflure. Je me fige soudain et remet ma robe en place. Kiefer est déjà sur moi pour me soigner. Je regarde ses moindres faits et gestes, souriant doucement. Cela ne fait pas mal, bien sûr, mais il semble se préoccuper autant de mon petit bobo que du monde entier. Je pense au fond de moi que Kiefer Nerric doit être un excellent roi et mon admiration pour lui ne fait que grimper de façon exponentielle. Lorsqu'il s'inquiète de m'avoir infligé cette blessure, je fonds littéralement et le rassure rapidement.

-Ne vous inquiétez pas, Kiefer. En allant... Prendre l'air, j'ai trébuché et me suis écorché légèrement le genou. Ne vous en faites pas pour moi.

Je l'observe dans les moindres détails. J'ai envie de le découvrir au grand complet. Chaque petite facette. J'ai un peu menti, et j'espère qu'il en reste là. Je ne souhaite pas voir Kiefer et son père s'entre-déchirer. Bien sûr, Thomas n'a fait qu'alimenter des craintes déjà existantes...

-Je voudrais que vous sachiez... Je ne vous repousse pas, Kiefer. Croyez-moi, vous me paraissez... tr...très beau, euhh... et distingué... et doux... attirant... Mais je ne me sens pas... vous voyez ce que je veux dire?

Je soupire intérieurement devant mon balbutiage ridicule. Pauvre idiote!
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Kiefer
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Dim 28 Fév - 16:44

Un petit sourire ne peut s'empêcher de capturer mon visage au vol. Je la trouve mignonne avec ces balbutiements incertains et son évidente gêne. Normalement, je devrais éprouver, non pas de la frustration, mais moindrement un peu de déception. Toutefois, je ne me sens léger et heureux lorsque je suis à sa proximité. C'est peut-être son essence féminine si douce qui fait cet effet-la... Mais je n'en suis pas sûr. Je pose ma main sur sa bouche par la faire taire gentiment.

-Ne vous en faites pas, je comprends.

En fait, non. Je ne la comprends pas. Je ne puis assimiler qu'une femme ne veule pas de moi, mais Cédrelle, je l'ai bien vite casé dans une catégorie à part. Elle n'est pas comme toutes les autres, elle est différente... elle a quelque chose de plus. Ou de moins ? Est-ce-que toutes les femmes de Neyva sont comme elle ? Si oui, je me demande pourquoi je ne suis pas né dans cette cité...

-Si cela peut vous mettre plus à l'aise, je vais vous faire préparer une chambre.

J'ai envie d'elle, son odeur de vanille et de miel me chatouille les narines. Son souffle chaud et doux que j'ai tantôt sentit dans mon cou m'obsède... Je n'est d'envie que de le retrouver. Si maintenant, elle me fait un tel effet, je n'imagine pas plus tard, à la simple lueur d'une chandelle, dans un autre monde, dans un autre univers où je ne serai qu'avec elle et personne d'autre... Si je dois dormir seul, la nuit sera bien funeste... Pendant un instant, je pense me reprendre une femme au hasard dans la taverne du coin, mais... ce serait déplaisant, je le sens. Qu'est-ce que j'y gagnerai d'ailleurs ? Rien... Qu'un moment banal et sans chaleur comme tant d'autres auparavant. Je sens que mon regard se fixe sur un point imaginaire, mon esprit s'éloigne petit à petit de la chambre, mon imaginaire vagabonde.


Je me rappelle ma toute première fois. J'avais à peine 18 ans. C'était avec une servante, elle s'était épris de moi et nos petits béquots d'adolescent s'étaient rapidement modifiés au cours de nos rencontres clandestines. Un matin qu'elle était venu déposer mon déjeuner dans mon lit, sous le prétexte d'un de mes rares caprices de gamin. Ce jour-là, je fût initier aux jeux intimes de l'amour, bien que l'acte, sans en être totalement dépourvu, n'en était pas totalement animé. J'étais pressé de découvrir ce dont Heinrich me parlait depuis quelques années. Et je ne fût pas deçu. La servante en question était une femme plus âgée que moi et elle m'appris beaucoup. Ce qui me valu bien des honneurs une fois au lit avec d'autres femmes.

Notre relation s'était étendue sur quelques mois. Je l'invitais à me rejoindre par le biais de messages courts et codés. Quiconque hormis nous deux l'aurait lu et n'aurait pas pu en comprendre le sens. C'était une simple précaution que je préférais prendre. Qui sait qui peut se mêler de vos affaires lorsque vous êtes l'unique héritier d'une cité ? Heureusement, mes aventures ne furent pas retournées contre moi. Toutefois, bien vite j'eus envie d'autre chose. De goûter à du nouveau. Je voulais connaître toutes les femmes. Les belles, les douces, les petites, les grandes, les riches, les pauvres. Toutes. J'avais l'esprit débridé et j'aspirais à de drôles de choses, je dois dire. Toutefois, même si mon nombre d'expériences fluctuaient, elles s'espassaient de plus en plus, et bien vite, je n'y trouvai plus le plaisir que je recherchais. Les femmes étaient toujours attirantes, mais moins importantes pour moi. J'eus tôt fait de reviser mes priorités et j'allais désormais les chercher de plus en plus loin, refusant les invitations des servantes, je ne souhaitais pas que mes propres domestiques entretiennent ce genre de relations avec moi... Bien, que si vous pourriez lire dans les souvenirs de quelques unes peut-être se rappellent-elles leur meilleure nuit à vie...

Je secoue la tête, je pense que Cédrelle a dit quelque chose mais je n'est pas compris. Je reviens lentement à la réalité. Je la regarde d'un air un peu bizarre. Ma rêverie n'a durée que l'espace de quelques secondes.

-Vous disiez ?
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Cédrelle
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Dim 28 Fév - 23:30

Je tique tout d'un coup. Ai-je froissé Kiefer? Est-il frustré de mon refus? Je pâlis à cette idée. Je me secoue, ébranlée par cette idée. Tout mon corps crie ''Non!''. Je ne veux pas le quitter pas maintenant. Je me sens pressée de le connaître, de tout savoir de lui, je ne veux pas gaspiller cette nuit loin de lui, dans une autre chambre. Cette idée me paraît totalement ridicule. Peut-être n'a-t-il plus envie de moi, peut-être l'ai-je déçu en refusant de m'offrir à lui. Franchement, je ne suis pas un cadeau, on ne me déballe pas aussi facilement. Une pointe de colère me prend à l'estomac en pensant que toutes ses délicates attentions aient pu convertir vers un seul but pervers: goûter mon corps nu, cette nuit. Mais je me ravise aussi vite que l'éclair. En regardant son visage pensif, j'ai honte d'avoir pu m'imaginer une chose pareille. Cet homme est bon, j'en ai la certitude. Il ne me ferait pas de mal. Sa façon de s'occuper de mon entaille tout à l'heure me l'a prouvé. Il se soucie de moi et est gentil depuis le début de la soirée. Kiefer est mon mari, mon compagnon pour le restant de ma vie. Alors il n'est pas méchant. Ses yeux comme des abysses ne m'ont pas menti. Il se préoccupe simplement de mon bien-être, je le comprend finalement. Je sais déceler la colère, même lorsque ce n'est pas mon but, et je me rassure à l'idée que mes pouvoirs ne m'ont jamais fait défaut. Rassurée, je souris faiblement.

-Non, j'insiste pour dormir à vos côtés cette nuit... si vous voulez toujours de moi, bien sûr.

Je lui fais un regard adorable, du genre qu'on ne peut pas résister, mais son regard est ailleurs. Son esprit l'a suivi. Je lui laisse son temps d'intimité avec lui-même, me demandant malgré moi à quoi il pense. Je commence à réaliser que Kiefer est homme qui réfléchit beaucoup et ressasse beaucoup le passé. Bonne raison, alors, pour ne jamais m'attirer son courroux. Je ne me fâche pas du fait qu'il n'ait rien écouté de ma réponse, car j'ai l'habitude. J'ai deux frères si tête en l'air que j'ai très souvent parlé dans le vide. Je suis de nature rêveuse aussi, même si ce soir est un mauvais exemple. J'ai été si crispée sur mon but, si concentrée, que rien ne m'a échappé. Tandis qu'il est silencieux, j'en profite pour me repasser ma soirée en mémoire, exercice que je fais avant de m'endormir. Tant d'images affluent que je ne sais pas trop par où commencer. J'ai soudain la bizarre impression d'avoir vécu une journée longue comme deux et me retrouve confuse par rapport à la date. J'ai vite fait d'oublie ce détail pour continuer ce petit manège. Je revois les visages heureux, les yeux animés des représentants de Lassian et ceux, tristes, des miens. Je me rappelle la réticence de Samion et mon père qui avait un peu trop bu. Et la danse. Je souris en repensant à cette danse qui m'a transporté dans un autre univers. Vous pouvez me trouver idiote, mais je n'ai jamais connu de si belle danse. Je suis sûre que tout est du au cavalier.

Parlant de lui, il émerge soudain du flot de ses pensées pour revenir dans la... notre chambre.

-J'ai dit que je préférais passer la nuit à vos côtés.

Je me penche un peu vers lui en disant cela, mais me retrouve un peu plus proche que prévu. Maintenant, je peux pas tellement reculer, car j'aurais l'air folle. Cette proximité me rend folle. Parce qu'il est trop loin encore. Mon estomac se tord sous le coup de la nervosité, mais je suis mon instinct. En fait, je ne contrôle pas tellement ce que je fais. Je ne suis pas raisonnable, je joue avec son désir. Mais le mien brûle avec la même passion. Je veux lui faire comprendre à quel point il m'attire, que jamais auparavant, je n'ai tenté quelque chose de pareil. Je ne me suis jamais sentie à l'aise seule dans une pièce close avec un homme, mis à part la famille. Je n'ai jamais été si proche physiquement d'un homme. Pourtant, tout coule naturellement. Je n'ai plus peur de mon inexpérience, je ne fais que foncer. Mes lèvres se posent lentement sur les siennes dans un baiser plein de tendresse. Il s'éternise, je souffre d'un apport d'oxygène inadéquat, mais ne peux plus me déttacher de ce contact délicieux. Nos lèvres se séparent et j'en suis toute chamboulée. Je viens d'embrasser un homme pour la première fois. Je veux dire... d'un mouvement qui venait de moi. Je ne rougis même pas. Je ne fais que scruter son regard, le coeur battant à une vitesse inimaginable. Je n'ai jamais connu de cocon d'intimité si sauvage et agréable. Dans un souffle, car ma voix s'est brisée, je dis:

-À moins que vous ne vouliez plus de moi.

Je me recule, mais pas beaucoup, d'à peine quelques centimètres. Je sens encore son odeur de force et de douceur à la fois, qui m'enivre. J'ignore comment il va réagir, j'espère ne pas jouer avec ses sentiments. J'espère qu'il comprendra que je veux être intime avec lui, mais y aller doucement, car je veux profiter de chaque première fois. Comme de ce premier baiser. Une première fois, ça ne passe qu'une fois, et je souhaite que ce soir, je dormirai près de Kiefer Nerric, mon mari, pour la première fois.
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Lun 1 Mar - 13:30

Je suis si surpris que j'en oublie l'usage de la parole. Je reste sur place, sans bouger, estomaqué. Attends une minute... elle vient de m'embrasser ? C'était délicieux, je dois l'avouer, mais un peu court. Mais pourquoi fait-elle ça, je croyais qu'elle voulait prendre ses distances avec moi ? Que j'étais trop pressé, qu'elle n'était pas prête et bla bla bla... Ah ! Je ne comprendrai jamais les femmes... Ces étranges, mais envoûtantes créatures qui obtiennent si facilement -et parfois avec des moyens détournés- de l'homme, ce qu'elles veulent. Elle m'annonce également qu'elle souhaite passer la nuit à mes côtés... C'est de plus en plus bizarre, décidemment.

-Mais je croyais que vous... ah, et puis, je n'ai aucune objection...

Je crois que je sous l'effet de son charme, j'en perd mes vieilles habitudes. Heinrich rigolerait bien à voir cette scène légèrement cocasse... Mais bien sûr, je ne compte pas lui raconter quoi que ce soit. Je ne sais plus très bien comment réagir aux incessants changements d'attitude de Cédrelle. Est-elle heureuse ou triste? Mal à l'aise ou bien avec moi ? C'est assez difficile de le déterminer. Je décide de rester moi-même, d'agir comme je le ferais dans une telle situation, normalement. C'est un peu difficile, car aussitôt la question se pose: et comment agirais-je dans une telle situation ? Aucune idée! Ça m'avance pas tellement, disons... Je décide tout de même de faire les premiers pas. Car c'est à moi de le faire, étant donné que nous sommes dans ma demeure. Je m'avance un peu vers Cédrelle, bien qu'elle soit déjà à proximité. Je lui propose gentiment de l'aider à retirer sa robe, son corset et tout ce fatras qui ne doit pas être très confortable. Elle accepte et je soupire intérieurement de joie, je n'espérais pas voir rebondir une ribambelle de domestiques pour lui venir en aide, car je n'aurai pas su lui retirer une simple robe de mariée!

Mes doigts s'aventurent dans son dos, glissent doucement sur sa peau soyeuse. Je défais une à une les lanières de rubans, de tissus et autres babioles inutiles. Je me demande comment les femmes font pour respirer dans de tels accoutrements! Toutefois, leur jeu en vaut bien la chandelle, car elles sont magnifiques dans leurs robes à paillette et à frou-frou. Surtout Cédrelle, que je ne peux m'empêcher de penser. Pendant que je m'attèle à la sérieuse tâche de défaire ce corset et qu'à mesure son dos se dévoile devant mes yeux et sous mes mains qui n'en demandent que plus, je sens que l'excitation remonte le long de mon corps. Toutefois, je ne suis plus un jeune homme, je sais me contenir. Après de trop courtes minutes, je réussis à accomplir mon importante tâche. Cédrelle m'affirme qu'elle peut terminer seule et elle court se cacher derrière les portes en éventail. Je reste là, un peu penaud, déçu de ne pas avoir eu droit à la scène complète... Tout de même, c'est déjà beaucoup, selon moi, venant d'elle. Je me dirige vers le lit et retire lentement mes bottes, en massant mes pieds douloureux. J'enlève également mes pantalons, rien de mieux après une telle soirée forte en émotions et en évènements. Cédrelle décide de sortir de derrière sa cachette juste au moment où je me retrouve qu'en culotte. Je n'éprouve aucune gêne, mais la jeune femme ne semble pas partager mon opinion et rougis à la vue de mon corps presque nu. Je me demande aussitôt s'il serait plus adapté que je mette une chemise de nuit... Il faut dire qu'habituellement, je dors sans vêtement, c'est bien plus confortable! Mais là, je ne souhaite pas traumatiser ma dame...

Je fais le tour de la chambre et éteints les sources de lumière, il ne reste finalement plus qu'une chandelle qui éclaire à peine la pièce. Je me glisse lentement dans les couvertures avec aise. Je ne fait aucun mouvement pour inviter Cédrelle à me rejoindre, je ne veux pas la brusquer. Remarque, que je ne sais plus exactement ce qui la brusquerais et ce qui ne la brusquerais pas... Je me contente de faire comme à mon habitude, la balle est désormais dans son camp.

Toutefois, je sens que le silence est pesant et d'autant plus inquiétant.

-Comment avez-vous trouvé la soirée ? que je lui dis pour détendre l'atmosphère.


Dernière édition par Kiefer le Jeu 4 Mar - 16:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Jeu 4 Mar - 0:00

Retirer ma robe? Avec plaisir mon cher, je n'en demande pas moins! Cet accoutrement m'écrase méchamment les seins qui cherchent un peu d'air. Mes côtes sont comprimées à l'extrême, de façon à ce que mon ventre ne puisse plus s'étirer normalement pour respirer. Cette robe a connu la sueur et elle me colle désagréablement à la peau. J'ai hâte de me débarbouiller toute cette crasse. Je me retourne pour qu'il m'aide à détacher cette artillerie opressante avec un léger soupir de soulagement. Ses doigts glissent sur ma peau, ramenant le doute dans mon esprit. Et s'il prenait un peu trop plaisir à cet exercice? Je sens à ce moment la première broche céder et me rendre un peu d'air. J'inspire profondément, soulagée que la pression se fasse moins forte sur ma pauvre poitrine écrasée. C'est à partir de la deuxième que cette drôle impression de chaleur s'empare de mon bas-ventre. Je me demande de plus en plus si de me dévêtir l'excite... Autant que moi. Mal à l'aise avec mes propres sentiments, je savoure tout de même ce moment unique. Je me sens tout drôle car je n'ai jamais eu de telles idées auparavant. Je me sens dans le pêché et rougissante de honte. Pourtant, quelque part en moi, une étincelle rebelle se fait satisfaite. Lorsque la robe est assez ouverte à mon goût, je m'enfuis le plus tôt possible vers l'étentail qui m'accueille en proie d'émotions contradictoires. Je repense à l'ardeur de la passion de mon mari, à l'entrée de la chambre, et à sa chemise ouverte sur sa parfaite musculature. Je me secoue violement en me traitant de tous les noms possibles. Bien sûr, ils ne sont pas bien méchants, car je n'ai jamais su me démontrer vilaine, même avec moi-même. Franchement, un peu de sang-froid Cédrelle par tous les dieux!

Mon oeil est attiré par la vision merveilleuse d'une petite bassine d'eau et d'un savon dur qui sent fortement la lait de chèvre et les épices. Je me débarrasse de tous mes vêtements, et sans même la peur que Kiefer surgisse derrière l'éventail, plonge le savon dans la bassine. Une débarbouillette propre gît sans vie près d'elle, et je lui redonne un peu de vie avec mon savon. L'eau est plutôt tiède, mais elle me fait un bien fou. Je prend tout mon temps, goûtant avec plaisir ce petit moment d'intimité. Je réalise que dans les dernières semaines, je n'ai pas beaucoup pris de temps pour prendre soin de mon corps, me parfumer, prendre de longs bains... Pourtant, je raffole de cela. À Neyva, je reste si longtemps dans le bain que les servantes doivent emmener plusieurs fois de l'eau chaude et que toute ma peau se rattatine. J'espère avoir encore le temps de le faire avec mes nouvelles responsabilités. Je reprend soudain contact avec la réalité quand ma période de décrassage se termine. Je repose le tout dans la bassine et cherche des yeux de quoi m'habiller. Je reste calme -wow! enfin!- pendant ma recherche. Il faut dire que je n'ai pas le temps de paniquer, car je remarque, sur une petite tablette, une jaquette de nuit soigneusement pliée et de nouveaux sous-vêtements tout propres. J'en suis ravie car de retourner dans ses vêtements collants m'aurait fait vômir.

J'attrape la robe de nuit. Son étoffe est douce comme je ne m'y serais pas attendu. Je l'étend devant moi et la scrute du regard un moment. Elle est tout simplement magnifique, ni trop ajustée, ni trop grande. Toute blanche, comme un signe de ma virginité, elle est brodée de fils légèrement argentée, ce qui lui donne encore plus de charme. Je m'en revêts avec hâte et enfile les sous-vêtements après. J'aime le contact du précieux tissu sur ma peau. Je suis heureuse que ma poitrine ne soit plus comprimée. Quoi de mieux après une journée bien remplie comme celle-ci! Je m'extase devant le confort du vêtement. Un détail me revient en mémoire: ma mère m'a souvent dit que les plus beaux vêtements qu'elle a commandé venait de Lassian. Je souris devant cette nouveauté. Si je peux me sentir aussi bien dans chaque nouvelle robe qu'on m'apportera, alors je suis au paradis, il n'y a aucun doute là-dessus!

Je sors de ma cachette, les joues rosées, plus détendue désormais. J'arrive nez à nez avec le corps presque nu de Kiefer, et ne peux m'empêcher de rougir. Je reste bouche-bée devant la taille de ses cuisses, comme deux troncs d'arbres. Kiefer est un guerrier. Un vrai. Je n'avais pas tellement réalisé avant de voir ses jambes, mais oui. Il partira un jour à la guerre, comme mes frères, quelques fois auparavant. J'ai l'habitude de m'inquiéter, alors je ne m'en fais pas... pour le moment. Je ne reste pas longtemps gênée. Je jette un coup d'oeil à la pièce, simplement éclairée par une chandelle, à présent. Cela donne une belle ambiance à la chambre. Je me dis que le jour où je ferai l'amour pour la première fois, je voudrais que ce soit dans la lueur seule d'une chandelle, comme ce soir. Je m'approche du lit, plutôt haut, et me glisse à mon tour sous les couvertures. Je soupire d'aise. Mon corps douloureux réclame du repos depuis trop longtemps déjà. Je sens mes paupières qui se font lourdes. Je ne me sens pas pressée de briser le silence. Mes oreilles bourdonnent, contre-réaction de tout le bruit de la fête du mariage. Je suis mariée. Ce soir, je m'endormirai pour la première fois en tant que femme de quelqu'un.

-Je l'ai adorée. Je vais vous avouer que je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi agréable. Les gens de votre cour m'ont accueillie comme si je faisais partie de la famille, j'ai été très touchée.

Je lui raconte quelques histoires louffoques qui se sont passées alors que nous étions séparées, mais je reste muette sur l'incident avec Thomas. Je me sens joyeuse, alors j'évite le sujet. J'écoute Kiefer aussi qui m'en raconte quelques unes. Nous rigolons comme si nous nous connaissons depuis toujours. Je le fais découvrir un peu mon sens de l'humour particulier. Lors d'un creux de paroles, je lui souris.

-Je vais être franche... Ce matin, je voulais mourir. Je veux dire... je croyais que ma belle vie se terminait. Mais... je crois que nous formons une équipe pas si mal tous les deux.

Je me sens rougir, alors je remonte un peu la couverture sur mon visage. Ai-je vraiment dit cela? Ouhhh, je ne me connaissais pas si courageuse. Je maudis la distance entre nos deux corps, car j'aimerais bien me blottir contre lui. Chuuuuut! Ne le dites à personne!
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Jeu 4 Mar - 20:21

Je me moque gentiment d'elle en rigolant. Elle me fait sourire comme personne, et créé chez moi cette chaleur, ce... bien-être indescriptible mais agréable. Elle a remonté la couverture sur ses joues rosées, elle se sent gênée et sa mine incertaine m'attendrit. Soudain, un élan d'affection m'assaillit et je me glisse vers elle, j'ai envie de poser mes lèvres sur les siennes, de sentir son contact, son essence... Son parfum de vanille me grise, m'hypnotise. Toutefois, j'arrête mon geste, je ne veux pas la brusquer, je sais qu'elle est mal à l'aise... Je sens que si je lui donne, tout de suite, une mauvaise vision de moi, elle me détestera jusqu'à la fin de ses jours. Et ça, c'est long... Je n'ai pas le droit à l'erreur avec cette femme, car c'est désormais elle qui vivra à mes côtés pour l'éternité.

-Je suis d'accord avec vous... je lui dis en souriant.

Nous rigolons, bavardons encore quelques longues minutes, je ne puis dire exactement le nombre sans me tromper assurément... Je sens que s'installe une agréable chimie entre nos deux êtres. Je ne peux la décrire, c'est physique... À un moment, je sens Cédrelle faiblir dans son ton de voix et ses paroles s'espacent. Elle est morte de fatigue la pauvre. Ses yeux se ferment sans même qu'elle n'est le temps de me souhaiter la bonne nuit. Je souris en regardant son petit visage coquet nouvellement endormie. Elle semble heureux, du moins, elle représente la vision que j'ai d'une femme heureuse. Si j'enlève le fait qu'elle est loin de sa famille, dans une cité inconnue et dans le lit d'un homme qu'elle connaît depuis un jour. J'essaie de me mettre à sa place, ouais, je serais certainement terrifié... Enfin, si j'étais un femme. Je la trouve bien courageuse tout à coup en constatant tout ce qu'elle a due endurer et tout ce qu'elle devra, dans l'avenir, encore subir. Je me promets, cette nuit à la simple lueur de la chandelle vacillante, de la couvrir de bonheur, du moins jusqu'à la mesure de mon possible. Il faut que je prenne garde à ce qu'elle ne prenne pas trop de place dans ma vie, ma priorité reste, peu importe les circonstances, mon projet de restauration de l'ordre...

Cependant, pour l'instant, je prends la vie un jour à la fois... J'étire mon corps par dessus celui de Cédrelle pour souffler la chandelle qui est de son côté. Du même coup, je la frôle à peine, mais j'apprécie son contact doux et chaud. La pièce est désormais plongée dans l'obscurité complète, seule la lumière de la lune qui traverses la fenêtre aux volets ouverts distribue une légère lueur dans la chambre. Elle est tout de même suffisante pour que je puisse observer une Cédrelle au royaume des rêves. Je la sens frisonner et je remonte un peu plus les couvertures sur son corps mince. Je couche ma tête sur l'oreiller et je l'admire tranquillement pendant quelques minutes, puis je finis moi aussi par sombrer dans une autre dimension...

Mes rêves sont parsemés de divers évènements et passent d'un à l'autre sans prévenir. Je me vois, à un moment, assit dans la grande salle du château. Une fillette court vers moi et je la prends dans mes bras comme et la fait jouer comme avec Tristan. Puis l'instant d'après, je me retrouve dans une sombre forêt. Je marche à travers les broussailles, je suis seul. Apparaît soudainement, devant moi, une énorme bête, je n'ai le temps que d'apercevoir un éclat rouge sang que la bête est déjà sur moi et me laboure les jambes de ses crocs et de ses griffes. Je me réveille en sursaut et faisant instinctivement le geste de sortir mon épée de son fourreau, mais je n'ai pas ma ceinture à la taille... Normal, je dormais et je ne suis qu'en caleçon. Je m'extirpe des couvertures, Cédrelle dort paisiblement à côté de moi, j'essaie de faire le moins de bruits possibles pour ne pas la réveiller. Hélas, la pauvre, elle s'est marié avec un homme au sommeil léger, rares sont mes nuits qui ne sont pas interrompues par d'horribles visions. Cependant, elle, semble à mon contraire, encore bien endormie... Je comprends. La journée d'hier n'était tranquille pour personne et particulier pour elle.

Je vais en arrière des portes en éventail et plonge mon visage dans la bassine d'eau fraîche. Je suis tout en sueurs. Tranquillement, je reprends un souffle plus régulier, j'essaie de me détendre en respirant à fond. Je marche jusqu'à la fenêtre aux volets ouverts. Le vent s'engouffre dans les rideaux diaphanes et caressent mon visage et mon cou ce qui me fait le plus grand bien. Dehors, la lune a déjà entamée sa descente et les premières lueurs de l'aube sont déjà là. J'ai la soudaine réflexion que c'est le premier jour que je vois se lever en tant qu'homme marié et je dois dire que l'idée me déplaît moins que la veille...

Je me sens collant et mal, je décide de prendre un bon bain. Je traverse la pièce et entre dans l'adjacente qui est nulle autre que la salle de bains. Je me dévêtis complètement et plonge dans la baignoire froide. Les serviteurs connaissent bien mes habitudes et ont probablement fait préparer ce bain la veille avant que je rentre. Je reste une bonne heure dans l'eau, méditant et pensif. Je regarde en même temps, le jour se lever. Lorsque les premiers rayons du soleil percent à l'horizon, je m'extirpe de la baignoire, mais avant que je n'aie eu le temps d'attraper une serviette...
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Jeu 4 Mar - 23:18

Un oiseau se pose sur une branche à quelques pas de moi. Je reste estomaquée devant la beauté phénoménale de son plumage doré, rouge et orangé. Je tends la main dans sa direction. Il est plus long que mon bras au grand complet et me scrute d'un regard intelligent. Je n'ai jamais vu de pareil oiseau, et sa vision lumineuse me trouble. J'effleure du bout des doigts son plumage, quand tout son corps se met à illuminer. Il change soudain de forme dans un éclat de feu. Je me réveille en sursaut, les doigts brûlants. Mon coeur s'est emballé, mais je réussis rapidement à en calmer les battements affolés. Je me retourne et observe par la fenêtre le paysage paisible de la cité de Lassian. Le forêt de Boer s'étend derrièrre à perte de vue. Je reste un moment à la regarder, tentant d'assimiler ce que j'ai vécu dans mon rêve, et ce que je vois en ce moment même. Ce paysage accompagnera tous mes matins, désormais. Je pense à ce voyage de noces qui est prévu la semaine prochaine, et je me demande où cela se déroulera. Bahhh, qu'est-ce qu'on s'en fiche! Le soleil se lève, et je devrais peut-être l'imiter. Je me retourne de l'autre côté en étendant les bras devant moi. Kiefer a quitté le lit et sa place est toute froide. Déçue de ne pas avoir pu l'observer dormir un peu, j'en profite cependant pour m'étirer sous toutes mes coutures. Je me laisse glisser du lit doucement pour éviter les étourdissements. Mes pieds me font toujours mal, mais beaucoup moins qu'hier. Je fais des pas prudents pour éviter que mon corps enkilosé ne cède sous mon poids. Il n'en fait rien, heureusement. Je fais le tour de la pièce tout doucement, me sentant bizarrement espiègle. J'ai envie de le surprendre, de lui faire peur... Mais faudrait premièrement le trouver!

Un bruit attire soudainement mon attention. Il vient de la petite salle de bain adjacente à la chambre. Je réalise soudain que je ne l'ai pas encore visité. J'entend la respiration de Kiefer et ses... bruits. Vous savez, les bruits de gorge, les craquements des os... Cette façon de soupirer qui est propre à chaque personne... En tout cas. Comme j'ai toujours dans l'idée de lui faire peur, je m'approche à pas de loup de la porte et l'ouvre à la volée.

-AHHH!

Je la referme aussitôt.
Car derrière, il y a Kiefer nu comme un verre, dégoûtant d'eau de bain au milieu de la salle de bain. J'entend les gouttes qui s'écrasent sur le sol comme un fracas dans ma tête. Je sens le sang quitter mon visage. Je m'éloigne rapidement de la porte, frissonnante, confuse... Mes lèvres tremblent. Je vois et revois cette image, yeux ouverts comme fermés. Mes bras se croisent sur ma poitrine, mes mains s'y aggripent comme pour me rassurer moi-même. Je ne m'attendais pas à voir un homme nu, ce matin, pas même Kiefer. Je suis entrée, et nous avons échangé un regard. Mes yeux ont lentement glissé juste au bon endroit. Nouveau regard. Je suis sortie. Le tout n'a duré qu'une fraction de seconde. Mon cri, une fraction de fraction de seconde. Mais cette image, elle, va me hanter toute ma vie! Ahh mon petit esprit vierge n'était pas prêt ce matin, non!

Je l'entend sortir et marcher vers moi. Je suis assise sur le lit, mes yeux ne se déttachent pas de l'horizon. Je ne ressens rien, car le flot de mes émotions est trop tourbillonant pour qu'une ou l'autre triomphe dans le tas. Il s'asseoit près de moi et je ferme les yeux. Mais l'image ne me quitte pas. Je n'ose pas le regarder, même si sa présence est inévitable. Je ne sais plus quoi penser. Le choc me passera sûrement. Mais pour le moment... Non. Je ne suis pas là. Laissez-moi un message et je répondrai plus tard. Mes oreilles ne veulent pas écouter, mes yeux ne veulent pas voir. C'est mon nez qui finit pas me calmer. Mon mari, tout près de moi, dégage une douce odeur d'homme tout propre. Mon coeur se calme et je recommence à penser. Je tourne le menton dans sa direction. Mes yeux évitent cependant les siens.

-Je suis désolée... Je ne voulais pas...
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MessageSujet: Re: Lune de miel [terminé]   Sam 6 Mar - 22:41

Je n'est pas encore attrapé ma serviette que Cédrelle entre dans la salle de bains comme dans un moulin, elle s'arrête nette. Pendant un quart de seconde, elle semble devenir une statue puis prenant tout à coup, conscience de la situation, un cri s'échappe de sa gorge et elle referme précipitamment la porte sur elle et ses yeux autrefois chastes. Je reste planté là, mon corps nouvellement propre et dégoulinant sur le sol. L'évènement s'est produit si vite que j'ai à peine eut le temps de le comprendre. Pendant quelques secondes, le silence est maître, puis je m'esclaffe de rire. Cédrelle vient de voir, je le crois, pour la toute première fois un homme nu et sa réaction mérite sûrement la première place dans mon palmarès personnel, même avant celle de Thomas le jour de sa défaite! On aurait dit qu'elle venait d'apercevoir un monstre sanguinaire et poilu... J'espère qu'elle n'a pas cette vision de moi!

J'enfile rapidement des vêtements secs et descends puis je pousse la porte et sort tranquillement de la salle de bains, guettant une nouvelle attaque. Je m'approche de la femme, elle semble si chamboulé, j'en est peine à croire qu'elle n'a vu qu'un homme nu... Bah, il faut avouer que c'était mon corps, il doit être si sublime aux yeux des femmes qu'elles ne peuvent s'empêcher de tomber en pâmoison devant lui... Toutefois, la réaction de Cédrelle tient actuellement plus du traumatisme que de l'idolâtrie. Et, je ne dois pas nier que ça me fait bien rigoler, non sans un certain -mais léger- malaise. Je l'écoute se confondre en excuses. Je ne peux retenir mes rires devant sa mine troublée.

-Cédrelle, ne vous excusez pas, c'est n'est rien! Et puis, à voir votre mine, ce devrait être à moi de vous demander pardon...

Je ne peux contenir mon hilarité, je tourne donc la situation à la blague. D'ailleurs, c'en est bien une, je vois pas pourquoi ce pourrait en être autrement. De toute façon, un jour ou l'autre, elle aurait bien finie par me voir nu... C'est dans la logique des choses. Je tiens même à dire que c'est inévitable. Dommage pour elle que ce se soit produit ainsi. Bof, c'est pas méchant, cela lui donne un avant-goût, après tout. Soudain, je me mets à réfléchir à la situation contraire. Et si c'était moi qui avait découvert Cédrelle toute nue dans la salle de bains? Je l'imagine sortant du bain, dégoulinant d'eau fraîche et savonneuse. Ses longs cheveux dorés trempés, sa peau soyeuse, les goutes d'eau sur son corps... J'arrête ma vision avant qu'elle n'aille trop loin, je me tourne vers Cédrelle qui semble encore dans un état second.

-Habillez-vous, je vais vous changer les idées! Allons à l'extérieur, la journée s'annonce superbe. Et puis, vous devez avoir faim ? Moi, en tout cas et pas qu'un peu!

Je la laisse enfiler des vêtements propres, pendant que moi je passe une ceinture à mon pantalon et y ajoute mes deux épées. Mes partenaires de toujours, celles-ci sont d'une longueur juste, elles sont l'exacte continuité de mon chacun de mes bras. Les deux manches sont sertis de joyeux qui sont, en réalité des phylactères dans lesquels circulent l'esprit des lichs qui y sont enfermés... Dès que je les touche, je sens qu'elles s'éveillent à mon contact. Elles me parlent, non par mots, mais par son, par image, par souvenir d'odeur... Je ferme les yeux, un instant, me concentre sur ce qu'elles véhiculent... Elles invoquent la volonté et le goût de se battre. Elles veulent se dégourdir. Qui sait, peut-être aurais-je un projet pour elles, aujourd'hui ? Mais, ce n'est pas dans mes plans. La journée sera plutôt calme, car je dois faire visiter les alentours à Cédrelle. Pas question que je l'abandonne à son sort dans les appartements pour qu'elle y reste toute la journée sans rien à faire. Mais non, ce serait une torture! Je compte l'éduquer sur la culture lassianoise en bonne et due forme. Je vais lui montrer le château, la ville, la forêt, mais de loin, pas question d'y entrer en ce jour. Pour l'instant, je garde mon projet secret, je ne la connais pas encore, et bien qu'elle n'en est pas l'apparence, peut-être irait-elle raconter mes confidences à n'importe qui et alors, ce serait la catas... Non, mieux vaut tout garder sous silence pour l'instant... Je ne sais pas encore qui elle est.

Une fois que nous avons fini de nous préparer, je lui ouvre la porte et nous quittons le confort des appartements royaux pour l'aventure.
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Lune de miel [terminé]

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