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 M comme mariage [terminé]

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Cédrelle
Admin Michante - Reine de Lassian

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MessageSujet: M comme mariage [terminé]   Dim 21 Fév - 19:35

J'essaie de respirer. Je le jure, j'essaie vraiment. Je n'étais pas si nerveuse la première fois que j'ai vu Kiefer Nerric. Je m'en souviens comme si c'était hier. Mais aujourd'hui, là, maintenant, je n'ai pas tellement le coeur à rester tranquille. Des domestiques qui ne sont pas les miens me tournent autour, et je commence vraiment à transpirer dans la simple serviette qui me couvre. Trois dames, gentilles et beaucoup trop jeunes pour faire ce métier, échangent des commentaires polis sur ma chevelure, la qualifiant de "très belle" et de "bel éclat doré". Je les remercie d'un murmure timide. Des couturières, derrière moi, finissent quelques détails sur ma robe. L'aînée de celles-ci, une grande dame à la carrure imposante, me jette des regards noirs. Je la connait bien, celle-là. Elle est venue me voir, quelques mois plus tôt pour prendre mes mesures. Mais il semblerait que j'ai perdu un peu de poids. Normal. J'ai mal à l'estomac depuis quelques semaines. La nervosité. Résultat: la robe est un peu trop grande pour moi.
Les trois jeunes filles m'encouragent de quelques paroles rassurantes. Elles gloussent en parlant du roi, et s'étouffent presque de compliments à son égard. Désolée, les filles, mais dans l'état que je suis maintenant, rien n'y fera. Je n'ai pas envie de me retrouver devant l'autel dans quarante-cinq minutes.

"Wow! Vous avez vraiment la plus belle chevelure que j'ai coiffé de toute ma vie, princesse Cédrelle."
Je rougis, fière du compliment. J'aimais beaucoup le travail de la dame qui me coiffait car elle ne tirait pas mes noeuds jusqu'à ce qu'ils cèdent, comme ma nourrice. Elle pliait et dépliait mes mèches de si belle façon que je ne réchignais même pas. Ses compliments me touchaient et me relaxaient. Je lui adressais des regards complices, car je l'aimais déjà et en avais fait ma nouvelle amie. Lorsque le tout fut terminé, je m'observai dans la glace, satisfaite de ce que je voyais. Pour me faire plaisir, la coiffeuse avait même ajouté de petites fleurs dans mes cheveux. Nous me regardions toutes les deux dans le miroir quand une voix jaillit derrière moi...

-C'est l'heure de vous habiller, princesse Cédrelle.

Je soupire et me lève avec lenteur. Mon reflet semble se moquer de moi alors que je me retourne vers la grande couturière qui semble s'être apaisée en me voyant. Soudainement émue, elle se gratte les yeux avec un grand sourire.

-Je n'ai jamais vu de princesse si élégante, et simplement vêtue d'une serviette! Venez, ma belle, tout cela sera bientôt terminé.

Étrangement, ces mots ont le don de m'apaiser. Je m'éloigne doucement de la maquilleuse pour rejoindre le centre de la pièce ou ma robe gise par terre, promesse d'éclat. On me tend des sous-vêtements et je rougis un peu en jettant des coups d'oeil autour de moi. Je me réfugie derrière l'évantail et les enfile, bientôt rejointe par la dame qui serre mon corset. J'essaie de ne pas penser à ce qui m'attend une fois sortie de cette pièce étouffante. Quelque part dans ce château inconnu, mon fiancé se prépare lui aussi. Je me demande ce qu'il pense. Est-il nerveux? Excité? Contraint? Je ne saurais dire. Je ne l'ai pas encore vu depuis mon arrivée ce matin-même, à Lassian. Pour ma part, j'ai l'impression que mon cerveau est en bouillie et mon estomac, aussi lourd qu'une enclume. Chaque pas me demande une énergie demesurée, chaque respiration me paraît difficile. Surtout avec ce corset si serré! Je quitte l'éventail et glisse mes pieds dans les entrailles de ma robe de mariage. J'ai l'impression qu'elle m'aspire car sitôt à l'intérieur, les couturières me l'enfilent et l'ajustent.

Je ronchonais car ma simple chemise de nuit me semblait bien plus confortable que la robe qu'on m'avait choisie. Mais un regard de ma nourrice m'a convaincu. On m'a donc enroulée dans cet enfer de tissu. Je faisais l'air mécontent tout le long, mais elle me connaissait bien et ne me laissait pas m'en tirer si facilement. Une fois la robe enfilée, elle me laissa seule avec la coiffeuse qui rangeait ses affaires. Je m'assis sur mon lit, les bras croisés, mécontente. Ma complice s'en rendit compte et vint me voir, l'oeil coquin.
"Dites princesse, un peu de maquillage vous plairait?"
"Oh oui alors!"
Tout doucement, elle me passa son pinceau sur le visage.

Je me tiens toute crispée, les maquilleuses/coiffeuses autour de ma figure. Je sens les pinceaux, les pinces, les doigts me parcourir toute la peau et je n'aime pas cela. Mais je n'ai pas le choix, car nous sommes en retard. J'ai vraiment mal à l'estomac, maintenant et j'ai peur de rejetter mon petit-déjeuner. Je tords un mouchoir que j'ai attrapé au hasard, sur la maquilleuse. Il y a un tic tac incessant dans ma tête que j'ai envie de fuir. Une part de moi a hâte de m'en aller d'ici, de courir de toutes mes jambes vers ce mariage indésiré. Mais l'autre trouve bien confortable cette pièce dont les murs semblent se rapprocher de plus en plus.

"C'est l'heure princesse, on y va!"
Ma nourrice était réaparue et semblait calmée. Comme une sage enfant, je lui emboîtai le pas dans le dédalle sombre des corridors, en broyant intérieurement du noir. Je me voyais déjà à l'une de ces soirées ennuyantes de papa et maman. Je n'aurais même pas le chance de m'asseoir près de Sammy ou Jasson, mes frères, car ils seraient absents, partis à Arragen la semaine dernière pour rendre visite à notre horrible tante. Tout d'un coup, la lumière me frappe de plein fouet alors que j'arrive dans la salle du Ventre Plein. Tous les regards sont tournés vers moi.

J'ai beau vouloir éviter les regards, ils sont tous attirés vers moi comme des aimants. Je m'efforce de ne rien penser, mais mes idées vont à mille à l'heure. Je ne vois pas le temps passer tellement il file vite. J'ai déjà traversé les corridors, suivi de mon cortège. J'aimerais que mes frères soient là, près de moi. Mais ils se contentent d'être dans la chapelle. Elle est belle cette chapelle et très lumineuse. Je cligne des yeux pour mieux voir, mais je prend quelques secondes à m'habituer. Et là, je vois. Ils sont là, tous, à me regarder, assis et retournés sur leurs bancs. Il y a les vitraux moqueurs et le prêtre, au bout de l'allée. Et lui aussi, il est là.

Tous les adultes me regardaient et l'enfant que j'étais en était intimidée. Ma mère surgit dans mon champ de vision et je me jetai dans ses jupons. Un homme la suivait de près, un jeune homme. Lorsque je le vis, quelque chose bascula. Je le trouvai grand, plus gand qu'un géant. Et aussi très beau. Ses yeux sombres me tétanisaient. Je ne soufflais mot. Il semblait un peu indifférent, mais moi je lui souriais d'un air timide, car je voulais le connaître.

Je lui souris, du mieux que je peux. Kiefer Nerric, mon mari dans quelques minutes. Je marche lentement, suivie de près par la musique qui modèle ma démarche. Certains sèchent une larme, émus de ma beauté resplendissante. Je suis belle dans cette robe, plus belle que je ne l'ai jamais été. Mais devant ce regard sombre, je me sens comme une vulgaire fillette. Quelqu'un tient ma robe, mais j'ignore qui c'est. Tout le monde me sourit, et moi j'ai envie de pleurer. De m'enfuir. Chaque pas vers lui est plus difficile. Je suffoque dans ma robe, les larmes me viennent au yeux, mais je souris. Je me sens humiliée. Après des heures ou des jours, j'arrive à ses côtés. Mais je n'ose pas le regarder, pas de si près. Je préfère ne pas me concentrer sur ce qui a changé chez lui en douze ans. Je salue la foule d'un regard. Les larmes ont disparu de mes yeux, je suis prête. Du moins, plus prête que je ne pourrai jamais l'être.
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Kiefer
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Dim 21 Fév - 21:25

Le jour de mon adoubement, Thomas m'annonça que j'allais me marier. Il avait conclu un accord spécial avec le Roi de Neyva, sa fille cadette me serait donné dès l'âge adulte. J'avais froncé les sourcils en apprenant la nouvelle. Pourquoi avait-il manigancé cet union ? D'abord, il m'exécrait et je n'étais même pas son fils légitime. J'étais le funeste bâtard de ma mère. Ce n'est que plus tard, en méditant sur le sujet, que je compris: il voulait me punir en me promettant une femme de la cité la moins prestigieuse de l'Aleagar. En constatant cela, je m'esclaffai d'un rire moqueur. Ce que Thomas pouvait être bête! Il pensait peut-être que ça ternirait ma réputation déjà bien ancrée dans la cité? Que ça oblitèrerait mon image adorée du peuple? Absolument pas et puis, je n'en avais rien à battre, moi, de cette femme. Certes, je n'en voulais pas, car cela voudrait dire «adieu, escapades nocturnes et femmes gratuites». Je me plaisais à en recevoir plus d'une dans mon nid royal et si, par malheur, je m'aventurais à poursuivre ces pratiques une fois marié, c'est là que ma renommée serait touchée de plein fouet.

J'avais longuement discuté de ce futur mariage avec Heinrich, mon meilleur compagnon et frère. Il désapprouvait totalement et m'exhortait à me rebeller, car il aspirait, lui-même, à s'unir à une femme qui serait la seule élue de son cœur. Je levai les yeux au ciel en écoutant ses paroles insignifiantes. Heinrich était souvent de bon conseil, mais parfois il exagérait la tendance. À travers ses propos, on aurait le croire saint, pur et chaste, mais qui d'autre que moi savait que trop bien la vérité? Heinrich, il était comme moi, il aimait les femmes en nombre. Je me rappelle avoir longuement réfléchi, à l'époque, s'il était possible pour un homme d'aimer qu'une seule et unique femme? Toutes mes réflexions m'avaient prouvées que non. En ce sens alors, pourquoi la polygamie n'était-elle pas acceptée...? Certes, j'aurai pu l'inaugurer dans ma cité, j'en aurais eu le pouvoir, mais je l'aurai aisément perdu. Le peuple se serait assurément révolté, comme si chacun, au fond de soi, n'y avait pas déjà pensé!

Après ce monologue intérieur, je me rappelai une des closes de l'accord: «la fille me serait donnée lorsqu'elle atteindrait l'âge adulte». Alors, je me demandai: mais quel âge a-t-elle au juste? Je sentais que j'allais bientôt être fixé, car une visite au château de Neyva était prévue pour le surlendemain. C'est curieux et fringuant que j'arrivai là-bas, accompagné de Thomas, de mon cher Heinrich et de plusieurs domestiques. On aurait presque dit que la cour de Lassian déménageait au grand complet, tellement notre convois était large. Ce soir-là un festin fut organisé à l'occasion de notre venue, et je me souviens vivement avoir mangé un des meilleurs repas de ce temps. Il va sans dire que la soirée fut bien arrosée, Neyva ne manque pas de bons vins! Une fois l'assemblée repue, on me présenta ma future épouse. Qu'elle ne fut pas ma surprise lorsque je constatai que ce n'était encore qu'une enfant sortant à peine des couches! Elle avait neuf ans et j'étais destiné, moi nouvellement adulte, à me marier avec elle... dans douze ans. À partir de cet instant, mon attitude réticente à l'égard de ce mariage changea totalement et j'eus peine à me contenir de rire devant les parents de la petite. Je me sentais pédophile à l'idée de ma future union. Rien qu'à la pensée de la retrouver dans mon lit, j'avais la nausée et le rire aux lèvres, je ne savais comment réagir à cette nouvelle. Alors, je décidai de l'oublier. Douze ans, quand même! Je n'avais pas de quoi m'en formaliser, et d'ici ce temps je pouvais profiter de toutes les femmes de l'Aleagar si cela me chantait. Ma liberté était encore loin d'être menacée...

Ce n'est qu'une fois cette échéance écoulée et qu'au jour où un messager vint m'apporter une lettre m'annonçant le mariage imminent que je daignai farfouiller dans ma mémoire et faire ressurgir les évènement de mes 21 ans. Le portrait de la fillette vint aussitôt m'assaillir et je m'attendris. Elle était mignonne à l'époque, avec ses grands yeux brillants de curiosité et d'admiration. Je me demandai à quoi elle pouvait ressembler à présent, une fois adulte. Une si jolie petite fille ne pouvait s'être transformée en troll des montagnes. Mes folles aventures au lit avaient quelques peu diminué de fréquence, je m'étais assagis depuis les douze dernières années et je me sentis, dès lors, moins crispé à l'idée d'un mariage arrangé. De toute façon, je ne pouvais l'éviter d'aucune manière, alors aussi bien s'y faire. D'ailleurs, je ne trouvais pas tout à fait déplaisante l'idée d'une femme réchauffant mon lit chaque nuit avant mon arrivée. Heinrich aussi avait changé d'idée à ce sujet, entre-temps il s'était marié -avec une femme de son choix-. Il me disait sa vie agréable, mais regrettait parfois ces jeunes femmes au corps svelte roupillant sur son torse musclé. Il avait même eu un fils, le petit Tristan dont j'étais l'heureux parent et qui n'avait encore que deux ans. Je l'aimais bien et j'avais hâte d'avoir un fils pour lui enseigner le métier de roi et la vie.

J'avais également réfléchit à l'éventualité que cette future femme me détesta au premier regard. Je ne désirais, en aucune sorte, renouveler les magouilles de Thomas, je me tuerais si je devenais un mari comme il l'avez été pour ma tendre mère. Si jamais c'était le cas, je ne lui dicterais que son devoir de reine et la laisserais en paix... Toutefois, je ne pouvais prédire sa réaction à mon égard, nous nous étions rencontré qu'une seule fois, et c'était il y a douze ans.

Je suis à présent dans mes appartements à attendre l'heure planifiée de mon arrivée dans la chapelle. Les invités y sont probablement tous déjà assemblés, assis patiemment et bavardant entre eux des futurs mariés. J'ai enfilé mon superbe costume fabriqué uniquement pour l'occasion. J'aime les vêtements chics et je m'admire tranquillement devant la glace qui reflète mon image sérieuse. Heinrich rigole tranquillement à côté de moi en dégustant une variété de cigare qui me donne particulièrement envie, mais je n'ai point envie d'arborer une haleine de fumée lorsque j'embrasserai la mariée.

-Quoi ? Tu n'aimes pas mon accoutrement ?

Il me répond d'un rire franc et amical

-Regarde quel homme tu fais, Kiefer, tu es resplendissant. Près à commencer ta nouvelle vie de chasteté?

Au son de ce mot criminel, je me renfrogne.

-Tu n'en sais rien, peut-être qu'elle a de l'expérience, cette femme. Tu l'as vu, toi?

-Même pas le bout du nez et si tu veux mon avis, c'est probablement une sainte nitouche.

-Ce que tu peux être rustre d'énoncer de vive voix, le fond impur de ta pensée, Heinrich!

-Je ne t'ai jamais rien caché, Kief, tu le sais aussi bien que moi.

-Certes, certes...

Je ne l'écoute plus, je me concentre à nouveau sur mon image dans le miroir, je bombe le torse, gonfle mes muscles et souris. Je suis tout à fait magnifique. Soudain, on tambourine à la porte. Heinrich écrase son mégot dans le cendrier et va ouvrir la porte: c'est une domestique.

-C'est l'heure, votre Majesté, veuillez descendre à la chapelle, vous êtes attendu.

Sur ce, elle referme la porte et repars d'où elle était venu. Heinrich me regarde intensément, avec ce regard qui lui est propre.

-Cesse de m'observer avec ces yeux de loup! lui dis-je.

Il me donne l'accolade.

-Tu es comme un petit frère pour moi, Kiefer, souviens-en.

-Pourquoi tu deviens sentimental tout à coup? Je vais simplement me marier.

Il soupire et m'invite d'un geste de la main à quitter la salle. Je passe devant lui et nous nous dirigeons vers la chapelle, vers mon destin. Je sens que je deviens un poil nerveux. Ou peut-être est-ce de l'excitation? J'ai bien hâte de voir à quoi ressemble ma nouvelle épouse! Arrivée à destination, je me positionne sur l'autel et Heinrich, qui est mon témoin, est à côté de moi. Nous attendons quelques minutes, puis tout à coup, une petite musique fuse du piano à ma droite et la mariée entre.

Si je m'étais attendu à ÇA ? Non, à tout sauf à elle. Ce n'est plus du tout la fillette de neuf ans qui m'a donné un profond malaise, non, c'est devenu un merveilleux morceau de femme. Elle paraît intimidé, mais moi j'ai un regard assuré et je la fixe profondément, me donnant pour mission de découvrir tous les minces détails qui forment son visage. Elle arrête sa marche solennelle juste devant moi, je respire à fond. Finalement, comme prix de consolation, elle est vraiment pas mal du tout.
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Dim 21 Fév - 23:07

D'accord pas de panique. C'est simplement un mariage. Je dois faire comme si ce n'était pas le mien, et tout sera simple! Je reconnais quelques visages dans l'assemblée, mais la grande majorité est consituée d'inconnus. Il y a toutes sortes de gens. Des jeunes et des moins jeunes. Il y a un grand homme gras qui me regarde d'un air étrangement satisfait. Il y a mes frères qui tentent de m'encourager avec leurs yeux. Jasson me lance une grimace, mais je ne lui réponds pas... Cela aurait été un peu mal vu dans les circonstances vous ne trouvez pas? Je sens mes mains fondre tellement elles sont moites. J'aimerais que tout le monde disparaisse et me laisse faire ce que je m'apprêtes à faire seule comme une grande fille. J'ai eu vingt et un ans la semaine dernière, mais aujourd'hui, maintenant, je ne suis qu'une petite fille. Tous me dépassent d'une bonne tête, peut-être même deux. Les bancs s'allongent devant mes yeux apeurés et les murs suintent. La chaleur des vitraux me brûle la peau. Ma vision se rétracte pour ne devenir qu'un tout petit tunnel. Je sens ma tête qui tourne. J'ai l'estomac au bout des lèvres, mon estomac tente de se soulever. Mais pas question. Je ne me retournerai pas les trippes devant tant de personnes. Ohh non! Sagement, le contenu de mon estomac se tient tranquille. Je serre les dents, la gorge en feu. Je pense à ce que m'a raconté maman du jour de son mariage.

''Maman, comment c'était ton mariage avec papa?''
Ma mère me prit sur ses genoux. J'étais beaucoup plus jeune à l'époque, peut-être six ou sept ans. J'avais des verres dans le derrière, courais partout, quand cette question me vint. J'aimais beaucoup les histoires, déjà, et je me calmai avec joie. Je l'avais fait plaisir, visiblement. Ses joues étaient devenues toutes roses, et ses yeux charmaient le plafond en quête de souvenirs.
''J'étais terrifiée, mais lorsque j'ai enfin levé mes yeux vers lui, j'ai enfin su que c'était la meilleure chose qui aurait pu m'arriver...''

Je me remémore tout cela, et je souris intérieurement. Le mariage de mes parents peut me servir d'exemple. Ils se sont aimé au premier regard, malgré leurs dix-sept ans de différence. Quand je les regarde, j'ai espoir. Mais dès que je suis loin... Ce n'est plus si facile. Mes parents sont un cocon infini d'amour. Ils étaient destinés l'un à l'autre. À l'époque, je n'ai pas compris sa réponse, mais aujourd'hui, elle prend tout son sens. Elle n'est pas là aujourd'hui, car sa santé se trouve fragile en ce moment. Cependant, je sens que de Neyva, elle pense à moi. Alors pour elle, je me force à mieux respirer, et à regarder cet homme devant moi. Je m'ouvre, en quête d'un peu de réconfort, vers Kiefer qui se retrouve dans la même situation que moi. Je perçois sa respiration, un peu accélérée, mais pas trop, avant que mon regard se pose sur lui. Je sens le sien sur moi, gouffre sombre où je crains de me perdre.

Kiefer serait, définitivement, le genre d'homme à me donner des chaleurs s'il ne s'était pas trouvé à quelques pieds de moi, devant l'autel. C'est fou ce qu'une cérémonie officielle peut vous rafraîchir toutes les ardeurs. Mais je le trouve beau. Vraiment, il est séduisant. Tout à fait ce que m'ont décrit les trois jeunes filles qui se sont attelées pendant plus d'une heure à ma coiffure. Je m'attarde sur les détails de son visage, fuyant les yeux. J'aime la courbe de son menton, masculine, virile et invitante. Sa peau a quelque chose de dure, de résistante. Elle me traduit que cet homme a souffert. Son nez est un peu trop grand, mais il accompagne magnifiquement des lèvres distinguées, au sourire facile. Elles ont quelque chose de glouton. Derrière leur paroi protectrice, je distingue des dents parfaitement alignées. Ahh de belles dents! Des sourcils broussailleux, un front large, un front de penseur et de leader. Des cheveux tout propres. Et... Un regard. Océan brun où je me noie. Un million de filaments de couleurs ambriqués les uns dans les autres. Ce regard est un miroir de sa personne, mais je n'arrive pas à le déchiffrer, car leur pouvoir hypnotisant me cloue sur place. Mes lèvres tentent de se soulever dans un faible sourire, mais je me heurte à ma volonté. Il est un présence tranquille à mes côtés. Ma mère a raison. Tout a du sens maintenant.

Je ne dis pas que je suis amoureuse de lui. Mais en le voyant comme ça, comme si de rien n'était, je me sens plus calme. Je me mets à penser à mon peuple pour la première fois depuis de longs mois, et aussi à mon futur peuple, celui de Lassian. Je me vois reine, à la tête de cette belle cité. Tout cela a du sens. Peu importe si j'aime ou n'aime pas cet homme. Nous serons complices de la réussite de nos deux peuples. C'est ça l'important. La voix du prêtre, près de moi, me fait sursauter. Je bats des cils pour regagner la surface de la conscience. Je comprend que j'ai manqué un petit moment de la cérémonie, perdue dans mes pensées, car il me regarde d'un air courroucé. Il répète donc sa question:

-Cédrelle Falaelle, acceptez-vous de prendre Kiefer Nerric, ici présent, comme votre légitime époux, jusqu'au jour de votre mort?

Je n'hésite qu'un moment. Assez longtemps pour que ceux qui me connaissent retiennent leur souffle. Je me tourne vers Kiefer, je lève légèrement la main, comme pour le toucher, mais abandonne rapidement. Je suis ses yeux.

-Oui, je le veux.

Ma voix se répercute comme mille échos dans la chapelle. J'entends des soupirs de soulagement. Je tourne la tête et vois Jasson, qui me lance un clin d'oeil à la volée. C'est sa façon de me dire qu'il m'aime. Je t'aime aussi Jasson, merci d'être là. Sammy s'est renfrogné. Je t'aime aussi Samion. J'attend la réponse de Kiefer, et m'imagine un instant qu'il réponde non. Je comprendrais, sincèrement. Je me sens si tranquille, que je n'en serais même pas humiliée. Je souris quand il répond ''oui''. Je souris quand le prête annonce d'une voix forte:

-Je vous déclare maintenant mari et femme!

Tous applaudissent et je me surprends de rire. Je me sens légère maintenant. Une bonne chose de faite! Les visages heureux me comblent. Des confettis sont jettés à nos pieds, nos alliances sont passées à nos doigts. Je le regarde à nouveau. Nous sommes maintenant mari et femme. Je me demande comment il sera, et il fera un bon père à mes enfants. Mais je souris. Car tout cela a du sens. Rien ne peut me troubler... Jusqu'à ce que le prête nous lance un regard moqueur. Une boule se forme dans mon estomac, car je sais déjà ce qu'il va dire. J'avais totalement oublié ce détail. Paniquée, je secoue la tête, doucement, les yeux cherchant une prise. Je ferme les yeux en attendant ce moment fatidique.

-Vous pouvez maintenant embrasser la mariée.

Mes yeux se sont réouverts comme deux ressorts.
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Lun 22 Fév - 0:14

Je vois dans ses yeux qu'elle hésite et je comprend aussitôt qu'elle n'a pas embrassé beaucoup d'hommes dans sa vie, peut-être aucun même! Je tergiverse une seconde, mais voyant la foule amassée, retenant son souffle dans l'attente, je me plonge. Je caresse la peau soyeuse de sa joue d'un geste et de l'autre, je pose mes lèvres sur les siennes et l'embrasse tendrement. À son contact, je la sens frémir. C'est l'émotion du moment ou a-t-elle peur de moi ? Peut-être... je souris intérieurement à cette idée. Le baisée est de courte durée, bien trop pour que je puisse l'apprécier complètement, mais je ressens beaucoup de gêne et d'humilité à travers lui. Ces sentiments ne proviennent pas de moi, mais bien de elle. La légère anxiété qui m'a à peine effleuré avant le début de la cérémonie s'est complètement estompée. Je perçois que les invités se sont réchauffés et commencent à s'animer autour de nous. Je tends le bras à ma nouvelle femme je l'invite à descendre les quelques marches de l'autel. Heinrich, qui est juste derrière moi, m'emboîte le pas, je peux sentir sa présence incongrue. Bien sûr, je ne serai seule avec elle qu'au soir venu, avant il me sera assurément impossible de lui dire ne serait-ce que quelques mots en tête-à-tête.

Heinrich vient nous annoncer ses félicitations d'un sourire mi moqueur mi joyeux.

-Toutes mes félicitations, madame Nerric, dit-il en accompagnant ses paroles d'un clin d'œil à mon endroit. Vous avez mon frère pour mari, à présent, vous serez à n'en pas douter une de femmes les plus choyées de l'Aleagar à ses côtés.

Je le gratifie d'un sourire incomplet et bref.

-Pardonnez la maladresse de mon compagnon, ma dame, mais il souffre de la perte de la mémoire courte et oublie de se présenter...

Il me coupe presque la parole, décidément il s'amuse bien.

-Oh! J'en oublie les bonnes manières, permettez-moi de me présenter, Heinrich Lae pour vous servir, ma reine, dit-il en assaisonnant son énoncé d'un galant baise-main.

Entre-temps, son épouse, une jolie femme aux cheveux d'ébène vient nous rejoindre, son jeune fils dans les bras. Mes lèvres s'étirent et forment un sourire joyeux à sa vision. À chaque fois que je contemple la douce innocence enfantine dans ses grands yeux noirs, j'en oublie presque le monde extérieur et je l'observe comme s'il était le dernier art sur terre. Lorsqu'il m'aperçoit, le petit s'agite et exhorte sa mère à le posé par terre, ce qu'elle fait de bon cœur. L'enfant court du plus vite qu'il le peut vers moi, se frayant un chemin dans la foule opaque. Je me baisse et empoignant son petit corps dans mes bras, je le lance dans les airs, le rattrapant aisément. Pendant que le petit rigole de joie, je complète les présentations d'Heinrich.

-Et voici, Siam Lae, épouse d'Heinrich et leur fils Tristan.

Au son de son prénom, Tristan s'anime et répète après moi.

-Tristaaaaaan ! dit-il.

L'enfant détend l'atmosphère et je le bénis intérieurement. Je sentais Cédrelle si crispée tout à l'heure que j'avais peur qu'elle casse en deux, mais à présent elle semble s'être quelque peu relaxée. Elle doit être soulagé que la cérémonie soit enfin derrière nous, et je dois dire que moi aussi. La masse des invités commencent à sortir dehors et nous nous mêlons à eux. Enfin, de l'air! Je commençais à étouffer dans cette maudite chapelle. Au passage, plusieurs membres des deux familles, hauts dirigeants, nobles et autres personnages affublés de paroles polies nous souhaitent leurs bons vœux. À l'extérieur, des tentes sont dressées pour l'évènement. On y retrouve une foule de buffets, de grillades et l'ambiance est festive. Je remet Tristan dans les bras de son père qui s'éloigne avec Siam.

Tout à coup, j'aperçois du coin de l'œil, le vieux Thomas qui se ramène. Je dis à Cédrelle de s'éloigner à voix basse et la quitte un instant, m'approchant de celui qui est supposé être mon père. Thomas a mal vieillit, il a l'échine courbée et la barbe négligemment longue, il ne s'est même pas rasé pour l'occasion. Cependant, il s'est fait beau, et je dois dire que les couturières ont fait du bon travail; son costume est splendide. Il ouvre la bouche et soudain, tout ce qui avait de beau chez lui s'éteint d'un coup; ses dents sont jaunes et moisis, sans parler de son haleine de porc qui doit asphyxier toutes les mouches dans les quatre kilomètres carré. Je recule d'un pas, par réflexe à son endroit. Je ne me rappelle que trop de mauvais souvenirs avec lui.

-Alors, Kiefer, tu es content de ta nouvelle femme? dit-il en s'esclaffant d'un rire d'âne.

J'ai pitié de lui, sincèrement, il est devenu une épave... Je décide de jouer le jeu.

-Il est encore trop tôt pour le dire, mais elle a l'air charmante, vous avez bien choisi pour moi, père.

Il s'étonne de l'appellation que je prend. «Père», il ne m'avait jamais entendu dire ce mot, il fronce les sourcils et ses lèvres dévoilent un rictus de dégoût.

-Je ne suis pas... commence-t-il

Je lui fait signe de se taire.

-Chut! On pourrait nous surprendre, dis-je avec un sourire moqueur. Cela ternirait ta réputation, non?

Il grogne, tourne les talons et s'éloigne en marmonnant des injures à mon sujet. Je suis fière de mon effet et s'est tout pimpant que je retourne parmi les invités. Je m'asseoit à côté d'Heinrich qui mange goulûment sa part du buffet. Il a regardé la scène de loin et me dit:

-Qu'est-ce qu'il voulait, le singe? me demande-t-il

-S'assurer que ses manigances ont eu l'effet escompté.

-Elles l'ont eu ?

-Pas du tout. J'ai effleurer le fait que quelque chose pourrait venir ternir sa réputation et il s'en est allé.

-Bien fait pour lui, marmonne-t-il entre deux bouchés.

Je me lève, quittant la compagnie d'Heinrich à contre-cœur, je me dirige vers Cédrelle qui est entourée de sa famille... C'est le moment où jamais de renouveler des présentations vieilles de douze ans.
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Lun 22 Fév - 19:29

Je reste focussée. Trop peut-être même, mais depuis que le prêtre a dit le mot ''embrasser'' le temps tourne au ralenti. Comme une vieille roue abîmée. On dirait que le visage de Kiefer s'est étiré, dans un zoom, et que le centre est ces lèvres dont la couleur me donne soudainement mal au crâne. J'ai déjà embrassé quelques garçons, mais jamais de façon très... sérieuse, physique, quoi. Alors j'ai peur tout d'un coup, de ne pas être à la hauteur. Plus tard, je me dirais probablement: qu'est-ce qu'on s'en fiche, Cédrelle! Une telle pensée n'a rien de rationnel. Mais voilà, je suis devant ce géant qui pourrait me tenir dans sa main confiante. Je ne recule pas tandis qu'il s'approche avec une douceur qui me surprend. Il pose sa main sur ma joue, me faisant frémir. Le temps s'écoule toujours avec la même lenteur. Sa paume est chaude, rassurante. Ses yeux sont deux lumières qui me parlent. Tout doux, petit animal effrayé, je ne te ferai pas de mal. Oui... D'accord, je te laisse guider la danse. Ses lèvres se posent sur les miennes avec précaution, comme s'il ne voulait pas me brusquer. Le contact est agréable, je m'y laisse même prendre. Une onde de chaleur me traverse et je ferme même les yeux, l'espace d'une fraction de seconde. Ma tête se vide. Ploc, ploc. Une idée à la fois. Il n'y a plus de musique, plus de sons autour de moi. Plus que le souffle chaud entre mes lèvres bouillantes et mon nez.

Puis, soudain, je me retrouve frigorifiée et confuse dans une explosion de lumière. Je réalise que le baiser a pris fin et que mes yeux se sont rouverts d'instinct. Je bats des paupières devant l'animation de la salle. J'ai des confettis et du riz plein les cheveux. Souriante, je m'accroche au bras de mon mari et remarque qu'il sent bon. Vraiment très bon. Je le suis dans cette orde de gens, en riant. Car toute le stress vient de retomber. Mes yeux sont pleins de larmes, mais je ris, car cette étape est passée et que je ne dois plus m'inquiéter du reste. Tous ces inconnus font maintenant partie de moi, et ils m'accueillent avec de grands cris de joie. Kiefer m'emmène toujours plus loin, et je me demande où nous allons, mais je lui fais confiance. Un homme taillé dans la pierre se dresse devant nous, faisant pas loin d'une tête et demi de plus que moi. Je rougis un peu, intimidée. Il a l'air fort sympathique cependant et j'apprécie ses paroles. Il se présente et sa femme, accompagnée du plus adorable petit garçon qu'Aleagar ait porté, nous rejoint. Tout se passe si vite que je n'ai pas le temps de décocher un seul mot. Je les observe les trois, impatiente de mieux les connaître. À regarder Heinrich et Kiefer, je sens qu'une grande complicité les lie. Si je peux me placer dans la mire du premier, alors le dernier m'appréciera d'avantage.

-Je suis vraiment enchantée de vous connaître. Laissez-moi le plaisir de me présenter à mon tour: Cédrelle Fa... Euh, Nerric.

Je souris, un peu gênée de ma presqu'erreur. Il ne sera pas facile de m'accomoder à ce nouveau nom. Mais je suis désormais reine de Lassian, et non princesse de Neyva. Moi reine... Wouha! C'est vraiment génial. Je jette un coup d'oeil au petit Tristan qui est vraiment à croquer. Kiefer m'impressionne par ses talents paternels avec le jeune garçon, ce qui me plaît aussitôt. Il n'y a rien de plus sexy qu'un homme qui s'occupe intelligement d'un enfant. Bon... N'allez pas lui répéter. Le petit semble m'adopter aussitôt et accepte que je le prenne dans mes bras. J'échange quelques commentaires avec la mère qui est vraiment gentille.

-Votre garçon est adorable, vous avez bien de la chance.

Je regarde Tristan avec une certaine envie. Je rêve depuis très longtemps d'avoir mon propre enfant, à moi. Et d'en avoir plein! Je les aime tant, les enfants, car ils ont cette innocente et cette fragilité... Tout cet amour à donner! Je m'imagine déjà en train de donner le sein à cette petite partie de moi... Mon amour pour les bébés me vient certainement de ma soeur, décédée en très bas âge. J'adresse un grand sourire à Kiefer, dans l'espoir qu'il comprenne ce message: je suis de bien bonne humeur en ce moment. Nous sommes bientôt séparés d'Heinrich et sa femme par nos familles et proches respectifs qui viennent nous féliciter. Je commence à sérieusement étouffer dans cette chapelle, la tête me tourne. Tout d'un coup, tout le monde se déplace, alors je suis le courant. J'essaie de ne pas me séparer de Kiefer dans cette foule, car j'ai aucune idée d'où je dois aller. Je me retrouve soudainement dehors, dans l'air pur et frais. L'oxygène s'engouffre dans mes poumons à grandes goulées et je me sens aussitôt mieux. Nous nous réfugions sous de grandes tentes où l'espace de manque. Une bonne odeur de nourriture flotte dans l'air, me faisant saliver. Je me rend compte alors que j'ai faim, et mon estomac proteste bruyament. J'ai beau jeter un coup d'oeil autour de moi, personne n'a entendu dans ce brouhaha.

J'allais enfin être seule -du moins... aussi seule que j'aurais pu l'être- avec Kiefer, quand un homme surgit d'entre le mur compact de la foule. Je le reconnais aussitôt. Lui aussi a beaucoup changé. Je ne l'aimais déjà peu à l'époque, mais franchement, là il m'effrayait carrément. L'ancien roi et père de Kiefer a perdu tout de son charme ancien. Son aspect esy repoussant, négligé et même dégoûtant. J'ai aussitôt pitié de lui. Malgré tout je ne m'en approche pas et m'éloigne volontiers lorsque mon mari m'en pria. D'un pas enjoué, je rejoins ma famille qui m'adresse de grands signes. Je regarde tout de même en arrière, bien heureuse de ne pas assister à cette discussion. Quelque chose me dit que j'aurais été de trop. De mauvaises ondes s'échappent des deux hommes. Jasson m'accueille par une grande accolade. Je me met aussitôt à pleurer, car les émotions n'ont pas fini d'évacuer. Il sèche une larme avec un grand sourire. Samion s'approche aussi, les mains dans les poches. Papa, lui, est en grande discussion avec un homme de Lassian. Mieux vaut ne pas le déranger.

-Tu es splendide petite soeur, me dit l'aîné. Tu as rempli ton devoir comme une véritable reine.

-Merci Jasson. Tout de même, je suis un peu triste de devoir vous quitter.

Les yeux de Sammy s'attardent sur le sol et je me blottis contre son épaule. Il passe sa main sur mon bras.

-Je serai toujours là, Samion, tu le sais.

Je suis la seule à l'appeller Samion, car il déteste son réel prénom. Je sais que mes frères souffrent déjà de mon absence à Neyva. Mais je n'ai pas le choix. C'est mon devoir. Mon aîné le comprend et l'accepte. Mais le cadet, lui, a plus de mal à se faire à cette idée. Il voit cette cérémonie comme un abandon. Je n'allais certainement pas fuir devant une telle responsabilité, je ne l'ai jamais fait. Je lui parle d'autre chose pour détendre l'athmosphère. Mon père vient me féliciter et toute la salle l'entend car il parle beaucoup trop fort. Sammy est calmé. Et on m'emmène une grande assiette. Je mange avec appétit pour la première fois depuis un long moment. Puis, Kiefer arrive. Je suis bien heureuse de le revoir de sitôt, et surtout d'avoir terminé de manger. Ce n'est pas très courtois de parler la bouche pleine.

-Samion, Jasson, le roi Kiefer.

Je regarde mes frères d'un air attendu, mais ils se tiennent tranquille et lui parlent poliment. Je sens par contre leur malaise, et ils finissent par partir de leur côté, en compagnie de notre père, me laissant seule avec lui.
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Lun 22 Fév - 20:45

Je salue courtoisement mes nouveaux beaux-frères d'un signe de tête et d'une solide poignée de main. Ce sont deux jeunes hommes aux boucles foncées, au regard vaillant et aux muscles définis. Je suis certain qu'ils font -ou feraient- d'excellents chevaliers. Ils sont le genre de gars que j'aimerais bien compter dans mes rangs. Leur apparence est soignée, tels deux petits princes. Ils ont les même yeux que Cédrelle, ce même air de famille indescriptible, je le remarque même si je n'est pas encore beaucoup observé le visage de ma jeune épouse. Les salutations sont brèves et tiennent plus du protocole que de l'envie. Je sens les regards des frères Falaelle sur moi. Ils me toisent, m'analysent, mais je reste de marbre, me contentant d'afficher un sourire en coin. Je les cerne aussitôt et je sens la force de leur amour fraternel envers leur unique sœur. Ils ne restent pas longtemps près de nous et après un échange de quelques paroles polies, s'éloignent discrètement. Je suis ravi de ce premier échange, certes court, mais concluent. La première impression est toujours la meilleure, car c'est là qu'on goûte pour la première fois, à l'énergie de la personne. Les sentiments peuvent évoluer avec la relation, mais l'essence restera toujours la même peu importe le temps... enfin, en théorie.

Je suis désormais seul avec Cédrelle. Pas complètement, il y a toujours la foule des invités qui est omniprésente dans la célébration, mais nous sommes en tête-à-tête à la table et je pense que personne osera venir nous déranger. Je n'ai aucune question pour elle, non plus d'affirmations ni de consignes stupides, ni de règles à lui apprendre sur la vie à Lassian, rien. Je n'ai envie que de l'observer. Je tourne la tête vers elle, plonge mes yeux dans les siens, je lui parle avec le langage de l'âme. Nous nous regardons fixement pendant quelques secondes, puis nous nous esclaffons d'un rire franc. Elle probablement soulagée par le flot d'émotions qui l'a traversée tout au long de la journée et moi, moi... je me sens tout à coup heureux, sans que je ne puisse l'expliquer rationnellement. Je ne sais pas si c'est elle qui me fait cet effet là, mais si oui, je veux bien l'avoir à mes côtés toute ma vie. Je suis détendu, un serveur passe à proximité de notre table, m'offre une coupe de vin, je la prends de bonne grâce et le remercie chaudement. Tout à goûtant à l'excellent hydromel vieillit dans la cave du château, je prend la parole.

-Excellent vin, mais jamais, il n'égalera ceux de Neyva, lui dis-je avec le plus grand sérieux du monde.

Peut-être se fout elle bien du vin et des différences entre le celui de Lassian et de Neyva, mais moi pas. D'ailleurs, je ne cherche pas à faire la conversation, j'énonce une évidence. Je respire à fond, dégustant chaque seconde à la fois le goût de l'existence qui est belle aujourd'hui. Puis, soudain, aussi furtivement qu'un renard qui entre dans le poulailler, me vient à l'esprit ma future nuit de noces. Je me demande qu'elle apparence elle prendra, je l'espère torride, mais... je n'y compte pas trop. Heinrich avait peut-être raison après tout avec ses insinuations déplacées à l'endroit de Cédrelle. Je ne la forcerai pas, au grand jamais, je ne ferai une telle chose! J'ai mon côté pervers, certes, mais je ne suis pas un prédateur sexuel... Bien que... Non, j'arrête aussitôt, de peur de me perdre dans mes folles pensées.

Je retourne mon attention sur Cédrelle qui semble gênée par mon silence opiniâtre. Je l'observe du coin de l'œil. Je renifle son odeur. C'est un mélange délicieux de vanille, de melon, de miel tiède et même d'un soupçon de cannelle ou de jasmin... J'ai envie de m'en griser, c'est un parfum que je n'ai jamais ressenti auparavant. La plupart des humains ont une odeur âcre de poisson et de chair, mais elle... Elle détient cet arôme envoûtant qui me transperce littéralement les entrailles. Même l'odeur du vin n'arrive pas à couvrir les vagues de sensations qui m'envahissent.

Il faut comprendre que ma liaison avec deux lichs à la fois à cet effet spécial sur moi. Leurs particularités font en sorte que je perçois le monde par sensations, et ce depuis le milieu de mon adolescence. Je suis particulièrement alerte aux odeurs et aux sons qui sont pour moi, amplifiés. Cela a ses bons côtés, mais aussi ses mauvais. Par exemple, lorsqu'on cri à proximité de mes sensibles oreilles, j'ai envie de m'arracher la tête, tellement le bruit est intensifié pour ma perception aiguë. Cependant, là n'est pas la seule caractéristique. J'ai ce que certains pourraient appeler, un sixième sens, j'ai des instincts forts développés et je peux en quelques sortes, prévoir certains faits et gestes de personnes. Mais je sens également leur essence, et je vois parfois leur aura. Comme en ce moment même. J'observe la lumière rosée autour du corps de Cédrelle. C'est peut-être pour cette raison que je me sens si relaxé, elle répand une atmosphère douce et calme.

-Demain, si vous en avez le désir, je vous amènerai visiter la cité et le château, histoire de vous empêcher de trop vous morfondre sur votre sort. Si loin de chez soi, on doit assurément se sentir seule... Toutefois, pendant que j'y pense, votre famille ne reste-elle pas profiter de notre hospitalité, pour les quelques jours à venir ? énonçais-je à tout hasard.

C'est un bon début, c'est en engageant la conversation que nous pourrons plus amplement faire connaissance.
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Lun 22 Fév - 21:54

Kiefer... il est vraiment séduisant. Sa façon de sourire, ses manières -et quelles manières-, sa confiance paisible. Tout cela le rend infiniment attirant. Je souris, les joues rosées, à la table où nous nous sommes assis quelques instants plus tôt. J'accepte cet examen profond, et je me met à scruter à mon tour le moindre détail de ce regard qui deviendra mon compagnon jusqu'à ma mort. Ce n'est pas une alternative si dramatique. J'aime les hommes virils et distingués, vous savez, ceux-là... Je ne saurais comment l'expliquer. Je flotte dans cette marre sombre, mais avec moins de crainte. Cette étendue m'aspire, et je n'en vois pas le fond. Je reste à une distance prudente de lui. Nos genoux ne sont qu'à quelques centimètre l'un de l'autre, nos haleines semblent sur le point de se rejoindre. D'ordinaire, j'aurais ressenti de la culpabilité de cette proximité. Mais maintenant, j'en ressens plutôt une joie coupable. Je me mords doucement les lèvres, les yeux billants. Je ne comprends pas trop ce qui m'arrive, mais j'ai la fête dans l'âme. Après un moment, par contre, je suis un peu gênée, et le rose me monte aux joues. Je ne parlerais pas de malaise, mais mon regard se déttache du sien à contre-coeur.

Je saisis une coupe de vin et y trempe prudement les lèvres. Je ne suis pas une grande admiratrice de la boisson. Mais j'aime bien le goût du vin. Je me rappelle, à mes dix-sept ans, l'horreur de ma mère quand elle m'a découvert en train de flirter avec le cuisinier, complètement bourrée... Depuis ce temps, je me tiens tranquille. Ma mère m'a prévenu. Aujourd'hui que je suis mariée, je peux bien me permettre un verre, n'est-ce pas? J'en avale une gorgée qui me titille la gorge avec douceur. Il est très bon, malgré ce qu'en dit Kiefer. Un vrai délice en fait.

-Oh, mais il fait très bien l'affaire! Je n'en bois pas assez pour affirmer avec assez d'assurance que les vins de Neyva sont meilleurs. Je ne connais que leur réputation. Personnellement... Je ne goûte pas tellement la différence.

Je ris, mais me sentis aussitôt stupide... Bon, j'aurai l'occasion de le subjuguer de mon élégance et de mon intelligence plus tard. Pour l'instant, je suis déconcentrée par l'action autour. Un homme qui abuse déjà de l'alcool se couvrait de ridicule, au centre de l'attention, faisant la danse du ventre avec sa graisse... Je me détourne rapidement de la scène, un peu dégoûtée de ce que je vois.

-Je serais très heureuse de découvrir Lassian, je répond avec plus d'assurance. Ma mère a mis une telle emphase sur ma réussite intellectuelle que je n'ai pas eu la chance de voyager. De ce que j'ai vu de la cité, elle est magnifique, vraiment! Est-ce vrai que le château illumine la nuit? Comment est-ce possible?

Ma curiosité naturelle prend le dessus et je l'assaille de questions qu'il a l'air heureux de répondre. Je suis vraiment intéressée par ma nouvelle vie, puisque maintenant, je peux l'envisager un peu plus heureuse. Je lui parle un peu de Neyva à mon tour, et l'amour que je porte pour... mon ex-cité transparaît dans mon ton de voix. À un moment de la conversation, ma voix s'embrume de tristesse, et se brise. Mais je le rassure rapidement. Je vais bien. Simplement, tout le monde me manquera.

-Je crois que mes frères partent demain à l'aube, car ils ont fort à faire. Mais je les inviterai le plus tôt possible pour qu'ils passent ne serait-ce que quelques jours ici.

La soirée passe à une vitesse vertigineuse. Kiefer est de très bonne conversation, mais nous sommes séparés après quelques temps. On nous invite dans diverses conversations, et je fais la connaissance de gens sympathiques dont j'oublie le nom au fur et à mesure. Tout le monde souhaite me parler, je me sens aimée et tout. Je n'ai pas assez de salive, de mots et d'énergie pour tous. On m'accueille si agréablement que je commence vraiment à croire que le peuple de Lassian sera prêt à m'accepter comme légitime reine. La femme d'Heinrich et moi discutons un long moment qui s'envola comme de la poussière sur une route. Je ris, bus et m'amusai comme jamais depuis... presque dix ans!

La soirée connaît un creux, et quelques uns profitent de ce moment pour nous piéger, Kiefer et moi. L'homme gras de la céromonie -décidément, il était toujours aussi inquiétant, celui-là- scande soudainement: ''Une danse, une danse, une danse!''. Tous les regards se tournent vers mon mari et moi. Des bras me poussent sans ménagement dans sa direction. J'attéris un peu abruptement dans ses bras. Je me pourvoies en excuses, toute rouge. Puis les musiciens entament une musique lente. La foule se masse en cercle autour de nous, délimitant un espace assez large pour danser. Sans vouloir me vanter... je suis dotée d'un certain talent de danseuse. Je me place avec assurance dans ses bras et lui lance un petit regard de défi qui semble dire: ''Et vous, vous savez le faire?''. Puis nos deux corps ne font plus qu'un. Il m'entraîne sur la piste avec autant de talent que je ne sais le faire, et j'en reste muette de stupéfaction. Je n'ai jamais rencontré de danseur si appliqué et adroit. Tous nous regardent avec une admiration non-feinte. On aurait dit que nous étions faits pour danser ensemble.

La danse occupe bientôt toutes mes pensées et je me laisse entraîner par la beauté de la musique. Nos corps flottent en symbiose avec les notes qui fusent des instruments. Nous ne sommes plus deux jeunes gens. Nous sommes une ode aux mouvements. J'ai l'impression que son corps est fait pour le mien, nous nous embriquons parfaitement. Tout comme le baiser, quelques heures plus tôt, cette danse prend fin. Je me sépare doucement et l'observe avec interrogation, confuse. Ma poitrine se soulève avec régularité et force, car l'exercice m'a laissé un peu essoufflée. Je lui lance un sourire timide qu'il attrape à la volée. Les applaudissements fusent autour de nous tandis que les plus sensibles essuient une larme. Je ne sais pas quoi dire, je suis bouche bée. Cette soirée ne pourrait être plus parfaite.
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Mar 23 Fév - 20:26

Le crépuscule avale le soleil en un souffle, puis sans crier gare, la lune détrône le soleil et nous nous retrouvons plongé dans une atmosphère de fête renforcée. Autour de moi, des lanternes illuminent la cour du château, tels des lumières posées là, en suspension. Les invités alimentent un grand feu au centre, celui-ci me donne une impression réconfortante et chaleureuse. À plusieurs moments, Cédrelle et moi sommes séparés, puis nous nous retrouvons pour échanger quelques mots et sommes à nouveau entraîné dans de multiples directions, chacun des célébrant nous veut à leur table, et politesse oblige, nous ne voulons décevoir aucun d'eux. Même pas ce bonhomme gras que personne connait et qui réclame soudainement, comme un enfant qui fait une crise à ses parents pour avoir un jouet; une danse. À ce mot, un large sourire étire les commissures de mes lèvres, je pose ma coupe de vin entamée -qui n'est pas la première d'ailleurs-, et me dirige sur la piste de bois bâtie, vernie et mise en place, exprès pour l'occasion de notre mariage.

Cédrelle semble réticente à s'engager, mais bientôt des bras se chargent d'elle et la poussent sans ménagement dans les miens. Je lui souris et lui chuchote à l'oreille.

-Madame, m'accordez-vous cette danse ?

Je sens mon talent séducteur faire effet, et c'est rouge de gêne qu'elle me répond un faible oui. Je glisse ma main gauche sur sa frêle taille. Son contact chaud et doux m'est particulièrement agréable. Ma main droite va se lover dans la sienne, ne faisant qu'un. La musique débute, puis nous entamons notre danse. Je la guide, poussé par ma passion pour cet art et mes talents développés. J'étais peut-être un petit prince turbulent, mais je n'ai pas moins à mouvoir mon corps au rythme des ondes musicales. J'apprécie grandement celle-ci, d'autant plus que le violoniste -un honnête homme qui est au château depuis mon enfance- connaît son métier comme personne. Nous dansons pendant quelques minutes, mais j'ai l'impression que cela s'étire sur la nuit éternelle. Nos corps se fondent dans une symbiose parfaite, guidée par nos geste précis et calculés. Chacun d'eux a un endroit et un moment opportun pour être exécuté, et jamais nous n'en avons loupé ne serait-ce qu'un seul. Emporté par ce courant, j'observe les lèvres invitantes et souriantes de la belle. Ses longs cheveux de la couleur des blés virevoltent dans les airs, esclaves de nos pas. Ses yeux, bruns noisettes, pétillent à la lumières des feux. Je plonge dans son regard et j'y trouve une tendre sérénité. Je n'est jamais rencontré une telle personne. Elle m'inspire de grandes choses, et je me pose aussitôt la question; qu'a-t-elle pu vivre ou que la-t-elle marqué pour qu'elle soit dotée de cette imposante, mais douce, essence de vie? Je suis d'avis que notre aura témoigne de notre parcours, des évènements, des personnes qui ont croisés notre chemin et nous ont influencés consciemment ou inconsciemment, en bien ou en mal, volontairement ou non... Et elle, qui a-t-elle rencontré? Qu'a t-elle vu? À partir de cet instant, je me met en tête de tout savoir sur elle. Je veux connaître son passé, son présent, son futur. Je veux découvrir ce qui la fait vibrer, ce qui la dégoûte. Je veux la découvrir, elle.

Je repense à Thomas. Pourquoi me vient-il toujours en tête au moment le moins opportun ? Il a le dont de gâcher un vision, lui. Je me dis que c'est peut-être la meilleure chose qu'il ait pu faire dans sa vie, me marier à cette femme. Elle semble avoir quelque chose de très intéressant au fond d'elle. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à une telle personne. Surtout avec les insinuations grossières d'Heinrich... Les femmes de Neyva sont surprenantes -et étonnement belles-, tout le contraire de l'image de leur cité. La danse prend fin, nous nous séparons -presque à contre-cœur-. Je pose un baiser sur son front pour la forme, mais je dois dire que je ne le regrette pas non plus, une fois le geste posé.

Après notre ouverture du bal, la masse d'invités nous rejoint et une nouvelle danse débute, cette fois plus enjouée et rythmée. Je retourne ma soir, Cédrelle m'accompagne. Je reprend ma coupe de vin et y plonge mes lèvres avec goût et envie. Je commence à ressentir un léger picotement dans les tempes, signe que l'alcool fait son modeste effet sur moi. Tristan me rejoint en courant, me saute sur les genoux.

-Féfé! qu'il dit avec sa voix fluette d'enfant.

Je rigole à cette appellation douteuse, résultant du large vocabulaire du garçon.

-Tu n'es pas encore couché, toi ? Il se fait tard pour les petits garçons! que je lui lance en guise de remontrance.

-Je suis pas un petit garçon, Féfé! Je sui CHE-VA-LIER!

Je fait mine d'être surpris.

-Tu sais, les chevaliers, eux aussi doivent se coucher tôt, pour être grands et forts!

Il ouvre de grands yeux surpris.

-C'est vrai ?

-Est-ce que je suis un menteur, preux chevalier ?

Il fait énergiquement signe que non de la tête. Alors, je le prend sur mon dos, comme une vulgaire poche de patates, et faisant signe à Cédrelle que je reviens dans quelques minutes, je l'amène à l'intérieur du château. Le petit rigole de joie. Je l'amène jusqu'aux appartements privés d'Heinrich et le dépose dans son lit. Après quelques constatations, le petit fini par s'endormir au son de ma voix lui racontant l'épopée de courageux et loyaux chevaliers...

Je redescend tranquillement vers les bruits de la fête, je croise Heinrich et lui informe que son fils est désormais dans les bras de Morphée. Je rejoint Cédrelle et les invités qui n'en finissent plus de célébrer. Le mariage s'achève un peu après que la lune est commencée sa descente. Toutefois, nous nous retirons un peu avant la fin, je guide Cédrelle dans le dédale des couloirs du château et en lui nommant brièvement les pièces. Cependant, d'autres pensées occupent mon esprit...
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MessageSujet: Re: M comme mariage [terminé]   Mar 23 Fév - 21:30

Son baiser embrase mon front et répand mille échos et frissons dans tout mon corps. Je suis encore sur un nuage après cette danse. Mes jambes tremblent du contre-coup de ce moment d'une intensité remarquable. L'odeur de Kiefer me remplit encore les narines, faisant tourner ma tête. J'ai si froid à présent, le corps brouillonant dans ma robe trop serrée, que je me couvre les bras dès qu'il est retourné. Mes yeux ne se détachent pas de sa nuque que je vois sourire, même d'où je suis. Je reste là, désamparée, la foule qui m'aspire et me bouscule. Un bourdonnement dans mes oreilles couvre toute l'animation autour de moi. Je sens les mains de Jasson m'agriper les épaules, mais je ne cille pas d'un pouce. Je suis suspendue entre deux réalités que je ne saisis pas. Mon frère m'attire dans ses bras et je réponds à son étreinte en m'accrochant désespérement à lui. Le flot de gens me pousse à me défaire de lui, je me retrouve soudainement près de Kiefer.

Je ne dis rien, car ma gorge est aussi sèche qu'un désert. Je tremble doucement, pas assez fort pour que mon mari ne le remarque. Nous ne disons rien, car je le sens perdu dans ses pensées. Je n'ai rien avoir dans sa tête, alors je ne m'y risque pas. Ce serait très impoli, et je ne suis pas sûre de savoir contrôler mes pouvoirs dans un tel énervement. Alors je scrute ton regard, souris de tout mon être. Je sens en lui une complexité étrange, un mélange poivre-sel de délicatesse et de dureté. Je lui fais étrangement confiance. Ce n'est pas mon genre. Je suis plutôt de nature méfiante. Mais moi et Kiefer sommes liés aujourd'hui, d'une façon que je n'aurais pû imaginer. Tout se passe trop bien, mais je n'ai même pas peur que l'elastique me brise en pleine figure. J'ai envie de tendre le bras et de prendre sa main. Cette idée commence réellement à m'obséder. Sa manière de me regarder m'intimide et me comble à la fois. Je me sens toute petite, comme devant un mentor... Mais ce n'est pas tout à fait cela. Quand j'ai amassé assez de courage, je prend une grande inspiration et tend le bras pour lui prendre la main et lui dire quelque chose de gentil et de sûr de moi. Je n'ai pas le temps de frôler sa peau qu'une fusée faillit de la foule pour venir directement vers nous. Le petit Tristan vient tout gâcher -désolée, mon petit- et je me sens toute confuse et honteuse.

Je vois Kiefer se lever avec une certaine peine. Tandis qu'il s'éloigne avec le petit garçon dans les bras, je le regarde avec un sourire, et dans les yeux, une étincelle de déception. N'a-t-il pas fait un pas hors de la tente que je me sens envahie d'une vague de fatigue qui pèse sur mes épaules. Le sang bat à mes tempes et je presse mon poing contre mon front douloureux. J'ignore quelle heure il est, mais de nature couche-tôt, je sais avoir dépassé mon heure habituel de dodo. Tout ce bruit me donne le tournis et je commence à avoir hâte que la soirée s'écourte. Je ferme les yeux, fuyant les lumières, quand une ombre obscurcis ce monde, derrière mes paupières. Je les ouvre de nouveau et découvre Thomas, ancien roi de Lassian. Je ne peux réprimer un frisson de dégoût. Il me gratifie d'un sourire qui ne m'inspire pas confiance.

-Bonsoir, ma belle reine. Nous n'avons pas eu la chance d'être présentés. Je suis Thomas, père de Kiefer.

-Enchantée, je réponds de la façon la plus polie possible.

-Ma chère, j'espère pour vous que mon fils sera meilleur pour vous que pour moi.

Comme il allait continuer sur sa lancée, je coupe court la conversation. Je sens la colère -oui, la colère!- grimper dans mes veines. Je reste froide et distante tandis que je réplique:

-Je suis convaincue que Kiefer fera un merveilleux mari.

Ses yeux de faucon me scrutent d'une façon qui me donne froid dans le dos. Il s'humecte les lèvres avant de continuer:

-Oui, bien sûr. Je ne vous dérangerai pas plus longtemps, ma belle enfant. Vous avez d'autres choses à penser avec vos devoirs de cette nuit...

Sur ce, il s'enfuie, me laissant dans la plus grande perplexité. La... nuit de noces... J'avais totalement oublié! Paniquée, je me lève et me dirige vers le buffet où on me serre un grand verre d'eau que j'avale en deux gorgées. Incapable de rester dans cet endroit confiné une minute de plus, je me jette dehors et fuis à toutes jambes, vers une destination inconnue. Mes yeux s'embrument et je me mets à pleurer, pleurer, toutes les larmes de mon corps. Je tombe dans l'herbe et m'écorche un genoux au passage. Mais je n'y prêtes aucune attention. Parce que cette nuit, je vais perdre ma virginité.

Je n'ai aucun mal avec Kiefer. Simplement, je ne suis pas prête. Le simple baiser de tout à l'heure m'a plongé dans la plus grande confusion, dès lors. Je ne sais pas comment faire, je suis inexpérimentée et franchement terrorisée. Et si je n'étais pas à la hauteur? Je reste un long moment dans l'herbe fraîche, et le froid de la nuit m'assaille tout d'un coup. Je frissonne dans ma sueur et mes pleurs. Je me sens dégoûtante et collante. Pour la première fois de la soirée, j'ai envie de retrouver mes appartements, à Neyva, et de ne plus en ressortir. J'entend une voix qui m'appelle. Des doigts fins m'attrapent doucement. Je me blottis contre une poitrine chaude et rassurante. C'est Siam. Elle me berce un moment en me murmurant des mots apaisants. Je finis par me calmer et sécher mes pleurs. Comme un ange gardien, elle essuie quelques larmes qui coulent toujours et me tend un mouchoir.

-Vous verez, Cédrelle, tout se passera bien, pour vous. Vous êtes la jeune femme que Kiefer attendait depuis un long moment. Je le vois à son regard. Calmez votre émoi. Ayez confiance.

Je lui souris, toujours aussi mal, mais moins torturée par le flot de mes émotions. Sans arriver à lui répondre, je la suis jusqu'à la tente. Quelques secondes après, Kiefer réaparaît. Je m'assure auprès de Siam que j'ai l'air correcte, puis je file le réjoindre. La soirée passe avec une lenteur qui rend mon attente encore plus difficile. Je n'ai plus du tout envie de dormir. Chaque regard de Thomas me rappelle ma terrible responsabilité de ce soir. Perdre mon bien le plus précieux. Je suis moins enjouée que tout à l'heure, mais mon mari ne semble pas s'en rendre compte. Il croit sûrement que c'est la fatigue. Bien. Je ne veux pas qu'il voit mon hésitation. Ensemble, nous quittons la tente en direction du château. Le chemin est tranquille et silencieux. Je suis si fortement dans mes pensées que le tout passe à une vitesse vertigineuse. Je me retrouve soudain devant la porte où tout va se jouer.
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M comme mariage [terminé]

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